Concarneau --> Madère avant | après
retour page escales

Date du départ : 1er Septembre 2003, 19h30 (heure UTC+2)
Port de départ : Concarneau
Port d'arrivée : Pôrto Santo, archipel de Madère
Distance : 1000 milles et des brouettes

Notre routeur personnel nous a prédit une très bonne fenêtre météo, au portant tout du long, où nous devrions faire du 6 noeuds de moyenne.
Le départ est plutôt émouvant... Nous glissons lentement en sortant du chenal. Nous hissons les voiles sans nous presser... La nuit va vite tomber et le vent s'établit à 15 noeuds plein vent arrière. C'est parti... en route vers Madère !!!



7,5 jours de navigation

1000 milles c'est une longue trotte !

Je vous laisse étudier notre parcours avant de vous plonger dans le bain de 186 heures de navigation à travers le Golfe de Gascogne et au large du Portugal...

Aucun jour ne se ressemble, car une navigation comme celle-ci n'est pas de tout repos...

La première nuit nous laisse comme dernier signe de la terre, les éclats du phare de Penmach Beaucoup de pêcheurs rodent et les quarts sont actifs. Les bateaux vont tous à des allures différentes et changent de direction fréquemment, ce n'est pas très pratique !

Le Jour 1, c'est avec étonnement que nous nous éloignons des terres si vite ! Il n'y a plus personne en mer et Madéo avance à 7 noeuds au portant : grand voile et génois lourd en ciseaux. Au petit matin, nous avons eu notre visite habituelle de dauphins à chaque départ pour une nav de plus de 40 milles. Ils ont joué longtemps avec l'étrave...

Le jour 2, toujours le même vent et la même vitesse... Le Golfe de Gascogne va se faire manger en deux jours à ce rythme ! Nous faisons des quarts de 4h à 6 h la nuit et faisons rarement de sieste en journée. A l'approche des côtes espagnoles un compagnon se pose sur Madéo. Peu de temps après ce sont des monstres d'acier qui commencent à croiser notre route.

Le jour 3, la nuit fut parsemée de lumières provenant de cargos en route vers le rail du cap Finistère. Les quarts sont éprouvants et le vent grimpe à l'approche du cap. Bien au large du rail, nous ne pensions plus croiser de cargos, mais ils sont partout... Nous en croisons régulièrement. La vérification du gréement, des manilles, des cales... a permis de commencer une belle liste de bricolages en tout genre.

Le jour 4, nous sommes au Portugal et c'est la pétole qui nous dit bonjour. Scrogneugneu, on était si bien parti ! A 12h nous changeons le génois lourd pour le léger. Le bateau reprend une vitesse respectable de 4 noeuds mais très vite c'est le 0,2 noeud qui s'affiche au GPS !!! Nous mettons en route le moteur pour aller chercher le vent ailleurs. Pour finir c'est une petite dépression que nous rencontrons, toute gentille elle ne soufflera pas longtemps du sud ouest.

Le jour 5, nous reprenons de la vitesse... toutes voiles dehors, le génois léger tangonné, nous filons à nouveau à 7 noeuds vers Madère. Le régulateur d'allure nous a lâchés et c'est au pilote automatique d'assurer pour finir le parcours. Nous pouvons encore obliquer vers Lisbonne comme prévu initialement mais Madère est comme aimant pour Madéo qui nous fait comprendre qu'il connaît le chemin. Les réparations diverses fusent en tout sens : Réa explosé, coulisseau cassé, filière usée, manille dévissée ou perdue, point d'accroche de poulies à déplacer... Nous passons la latitude de Lisbonne !

Le jour 6, nous sentons Madère qui approche... Plongés dans nos guides, les quarts se passent en lecture. La fatigue et la tension sont montées à bord mais Antoine reste debout des heures durant pour requinquer son mousse (qui a préparé presque tous les repas depuis le début et que les réveils pour quart à 3 h 30 commencent à fatiguer sérieusement). Les milles défilent : plus de 150 par jour. Nous avons franchi les 1000 milles avec Madéo. Ouaouh !!! C'est vraiment un bon bateau qui nous emmènera partout et aura toujours une solution de secours en cas de problème. Aujourd'hui il marche à 7-8 noeuds toutes voiles dehors. Le génois léger est parfois un peu enroulé car le vent a forcità nouveau (de 18 à 25 noeuds).

Le jour 7, c'est la dernière ligne droite ponctuée d'accalmies, de refusantes et enfin de rafales. Nous sommes au niveau de l'Afrique, la température est meilleure et nous restons plongés dans nos livres après une vérification complète du bateau, y compris une montée en tête de mat... Et bien sûr de nombreuses manilles sont dévissées. Il faudra les coller à la prochaine étape. Beaucoup de bouts raguent et nous devons repenser certains passages pour éviter de les abîmer plus...

Le jour 8, c'est Madère qui se dessine à l'horizon et plus précisément Pôrto Santo, une des îles de l'archipel, que nous avons choisi comme point d'atterrissage. Nous nous préparons pour faire les formalités de Douane en espérant pouvoir les faire le matin. Mais nous traînons en route car le pilote automatique a du mal à garder son cap à cause des vagues. Le contour de l'île est impressionnant, tout aride et très montagneux, les vents s'y engouffrent et ressortent en rafale de l'autre côté. Arrivé à 12h, nous posons l'ancre à l'ouest du port au milieu d'une petite vingtaine de voiliers. L'eau est limpide et le ciel se dégage. Nous sommes au bord d'une plage de 6 km... Les papiers pour l'immigration ne prendront pas longtemps : nous voici à notre véritable première escale depuis l'achat de Madéo.

 

 

Hélène à la barre maîtrise Madéo qui lui obéit tout le temps. Nos combinaisons Musto, dont voici une des quatre parties nous accompagnent la plupart du temps. Les nuits sont fraîches et nous enfilons les deux salopettes et les deux blousons pour se sentir protégés. Le jour, le soleil brille mais le vent n'est pas chaud...

 

 

 

Ce n'est pas flagrant, mais dans la vague c'est l'un des dauphins
qui nous a accompagnés le deuxième jour de navigation.
Ils étaient une vingtaine autour de Madéo, passant sous l'étrave
et sautant à l'avant, ils nous ont offerts un beau spectacle !

 

 

8 couchers de soleil et 8 levers de soleil, tous différents, c'est toujours un bonheur de regarder le ciel pendant ces moments.

 

 

 

Madéo, toutes voiles dehors, avance à 6 noeuds de moyenne et brave les milles sans hésitation.

Nous sommes très contents du bateau et de sa tenue de route. Même si beaucoup de petites choses cassent ou ne fonctionnent pas comme prévu, l' ensemble du bateau reste très correct.

 

 

Les oiseaux sont présents tous les jours mais parfois très rares. Ils volent souvent entre les vagues soit pour jouer soit pour se protéger du vent et parcourir du chemin en sens inverse.

Ce sont toutes des espèces que nous ne connaissions pas !

 

 

!!! Les cargos !!!
Des monstres d'acier croisant nos routes jours et nuits. Voilà un petit exemplaire de nos nouveaux amis...

 

 

 

 

Notre voyageur clandestin venu se poser sur Madéo le troisième jour. Un petit oiseau loin d'être timide nous annonce les côtes espagnoles. Il se laisse apprivoiser et se plaît bien à bord ! Il repartira comme il est venu, sans rien demander...

 

 

Une bonne douche avant l'arrivée à Pôrto Santo (archipel de Madère). Nettoyage à l'eau salée qui est passée à 22 °. Contrairement à l'air qui n'est pas très réchauffé, le ciel est bien gris.

Vivement le prochain anticyclone ! Nous n'avons pas quitté nos harnais de toute la traversée, c'est la moindre des choses pour ne pas risquer la baignade inattendue et parfois définitive. Alors douche avec le harnais !

Dernier jour de navigation... Madère est à nous avec pour commencer Pôrto Santo.
Nous filons toujours à 6-7 noeuds vers les montagnes. Un îlot de 600 m d'altitude se repère de loin et l'approche est donc longue. Le paysage se forme au fur et à mesure... Les falaises de l'est de Pôrto Santo nous accueillent en premier. Elles nous salueront par la suite à coup de rafales à 28 noeuds !

 

 

la suite : Porto Santo avant | après
retour page escales