Sénégal : Siné Saloum, île de Sangomar avant | après
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Date d'arrivée : dimanche 19 octobre 2003, 14H00
Date du départ : mardi 21 octobre 2003, 12h30


Dimanche 19 : navigation jusqu'à l'entrée du Siné Saloum
 

Nous croisons des filets et des casiers toute la nuit ! Impossible de les éviter, il y en a partout et nous n'allons pas passer notre temps à éclairer l'avant du bateau pour les repérer. Alors nous croisons les doigts pour ne pas en prendre dans l'hélice. Il y a peu de vent, c'est Volvo qui nous pousse. Nous en profitons pour dessaler l'eau vitale car nous n'avons pas voulu faire le plein avec l'eau de Dakar. Comme ça ne remue presque pas, il fonctionne très bien ! On remplit les deux cuves : 250 L et 170 L.

Au lever du jour, les pirogues apparaissent de tous les côtés... on les distingue à peine mais elles ont l'air de nous éviter. Prudence tout de même car certaines sont mouillées le temps de relever leur filet !!!

 

 

 

Nous suivons les instructions de Soizic pour entrer dans le Siné Saloum. En venant de Dakar, il faut contourner les bancs de sable par l'ouest, puis pointer directement vers le Palmarin. Ensuite il suffit de longer la côte à 100 mètres par quatre mètres de fond jusqu'au château d'eau ci-dessus. Après on se rapproche à 30 mètres de la côte par trois mètres de fond jusqu'à Djiferre pour éviter les bancs de sable à 70 mètres du rivage.
Le paysage est magnifique... Une grande plage de sable blanc déserte avec quelques arbres ébouriffés par le vent...

 

 

Antoine, (légèrement !!!) ruisselant.

A l'intérieur, il fait chaud : Cath et Sam nettoient le pont avec l'eau claire de l'océan avant les dix jours d'eau saumâtre du fleuve qui nous attendent. Nous avons donc verrouillé tous les hublots, Hélène est à la cuisine, Antoine à la table à carte et là-haut, ça frotte. On atteint les 38 degrés à l'intérieur.

 

 

Une petite baignade en se faisant tirer derrière le bateau avec l'écoute de génois ferait le plus grand bien. Antoine saute le premier (c'est bien rare !!!). Quand il remonte, les autres se jettent à leur tour... Ça rafraîchit toujours un peu même si l'eau est bien chaude !!!

Sur le moment, ça va donc beaucoup mieux.

 

 

Mais peu de temps plus tard...

 

 

Samuel agonise : plaques rouges partout sur le corps, accélération du rythme cardiaque, sensation d'étouffement...

Une petite allergie au soleil sans doute, un cachet de Zyrtec, un peu de repos, quelques pulvérisations d'eau et tout va mieux... (l'angoisse quand même car c'est arrivé très vite !!!). Cool, parce qu'une demi- heure plus tard, le temps que Samuel aille mieux, ce sont Hélène et Catherine qui s'y collent... Plaques rouges à gogo...

Jolie cartographie sur le ventre de Hélène.
Évidemment comme Antoine n'est pas touché,
il en profite pour faire pleins de photos
de plaques rouges.
Les deux colliers de ventre, ce sont des cadeaux
de la vendeuse de bijoux de Dakar :
les femmes les portent quand le mari rentre de voyage.

 

 

 

L'entrée du Siné Saloum se fait sans souci. Nous arrivons vite à l'île de Sangomar au sud de Djiferre. D'un côté le fleuve (en le bas de la photo), de l'autre l'océan (en le haut de la photo), c'est un endroit à ne pas louper !!! Antoine monte au mât pour repérer un chemin sur l'île : en fait c'est très étroit... une longue plage du côté océan, des marais un peu partout, quelques arbres et une petite prairie pour traverser juste en face du bateau. De là-haut tout est plus beau, la vue est imprenable car tout est au ras de l'eau.

Nous prévoyons donc une petite sortie à terre dans l'après-midi. Pas longtemps, car nous sommes fatigués. Catherine hésite même à venir...

 

 

 

Notre mouillage paisible par 5 m de fond sur une vase assez dure. Ici le fleuve est très large : ce ne sera pas le cas par la suite...

Vue du haut du mât (Antoine adore grimper dans le mât !!!) : le taud recouvre plus de la moitié du bateau et c'est là que l'on devine tout son intérêt sous le chaud soleil de l'Afrique.

 

 

 

 

Après avoir traversé l'île et attrapé difficilement un crabe dans une petite rivière, nous arrivons sur l'immense plage côté océan. Ici les crabes se comptent par centaines. Ils jouent dans les vagues en cherchant de la nourriture. Leurs trous sont un peu plus hauts dans le sable. C'est limite impossible de les saisir car soit ils foncent dans l'eau soit ils s'enterrent dans le sable, le tout à une vitesse incroyable...

Crabe glorieusement attrapé par Antoine pour faire une jolie photo... il a fallu le sortir de son trou pour l'avoir !!!

Leurs yeux pivotent à 90° pour se dresser à la verticale, c'est assez impressionnant.

 

 

 

La nuit du 19 au 20 octobre...

 

Le soleil décline, tout le monde va se coucher assez rapidement après le repas car la nuit dernière a été longue et la journée pleine d'émotion...
Tout est calme, une bonne nuit s'annonce.

A minuit, Antoine se réveille en sursaut ! Le vent s'est levé, les hublots ouverts créent un courant d'air énorme dans le bateau... Que se passe t-il ? Il sort en trombe pour mieux se rendre compte. Dehors il y a 30 noeuds de vent et le taud est toujours en place. Vite il faut l'enlever et même très vite !!! Tout nu, il commence par retirer le bimini arrière. L'affaire est déjà compliquée car il fait bien noir et le vent continue de monter. Le bimini enfourné dans un coffre, il peut s'attaquer au grand taud. De peur qu'il s'envole, Antoine prend beaucoup de précautions et enlève les noeuds dans un ordre bien précis sous l'orage qui menace. La pluie ne tombe pas encore.
La saison des pluies n'est pas finie et il reste quelques orages qui traînent dans le coin. Ici, on les appelle aussi des tornades. Nous avons vu des éclairs au loin pendant la traversée Dakar-Saloum mais l'orage ne nous pas touché ! Celui-ci à l'air de s'attaquer à Madéo !!!
Catherine et Samuel se réveillent à leur tour. Inquiets du vent qui s'est levé, ils appellent Antoine pour le réveiller, bien loin de penser qu'il est déjà dans la tourmente à l'extérieur. Sans réponse, Catherine se lève et découvre le lit vide. Quand elle sort (également nue) elle comprend vite la situation. Samuel sort à son tour. En quelques instant le second taud est fourré dans le coffre ! La pluie commence à tomber et tous les hublots sont ouverts. Petites gouttes d'abord puis 30 secondes après c'est l'averse énorme !!! La pluie fait mal car elle est projetée par 35 noeuds de vent maintenant. Les éclairs sont de plus en plus proches, on décide de sortir la chaîne de secours pour l'enrouler autour du mât : c'est ainsi que l'on fait un paratonnerre sur un bateau. Il faut commencer par vider le coffre car l'ancre est au fond : Samuel retire tous les bouts, l'ancre de 16 kg et enfin la chaîne de 45 m. Enroulée à toute vitesse autour du mât et plongée dans l'eau, Madéo devrait être hors de danger.
Antoine ajoute une dizaine de mètre au mouillage pour être sûr de ne pas déraper sur la vase. Et là ce sont des cris qui surgissent de l'arrière : "le fond ! le fond ! 3 m, 2.5 m, 2 m, 1.6 m. C'est bon c'est stable." Pourquoi a-t-on moins de fond ? On devrait en avoir de plus en plus en lâchant de la chaîne ! En fait, sous l'orage, le vent a tourné de 180°, nous avons donc l'arrière vers la plage maintenant ! Si on chasse, on va s'échouer. Mais avec 35 mètres de chaîne et si peu de fond, nous pensons sur le moment que cela devrait aller.

C'est bon on rentre ! Assez trempés pour ce soir... Un bon coup de séchage à la serviette et on peut se remettre au lit. Pendant ce temps Hélène dort paisiblement sans se rendre compte de rien !!!
C'est dur de s'endormir quand le ciel est zébré en permanence par des éclairs énormes, que le tonnerre gronde, que la pluie tombe en trombe et que le vent souffle à 40 noeuds (et oui de mieux en mieux) !!! Une demi-heure plus tard, Madéo semble toucher le fond. Il tangue d'avant en arrière et une petite secousse très légère survient une fois sur deux ! Pas tranquille du tout, Antoine se relève et prend une lampe torche pour balayer l'arrière du bateau à travers le hublot. C'est étrange, impossible de voir la barre !!! Il y a tellement de pluie et de vent : Il sort pour vérifier et là, debout au-dessus de la passerelle arrière c'est le choc.

Il nous a quitté : Le safran est parti sans rien dire, sans une trace, sans rien casser, sans faire de bruit !

Ça veut dire plus de direction, donc plus de bateau, le séjour de Samuel et Catherine à l'eau, une réparation ô combien difficile à Dakar si nous pouvons seulement y retourner, se faire remorquer. Ah quelle galère ! Est-ce qu'il flotte ? Où est-il ? Antoine rentre dans le bateau et annonce froidement : "mauvaise nouvelle on n'a plus de safran !"

Hélène sort de son sommeil illico presto, pourtant Antoine n'a pas parlé fort, mais au ton de voix, elle a senti qu'il se passait quelque chose de grave. " Quoi que se passe t-il ? Le safran ? Non !!!" Elle se lève et, premier réflexe, allume le PC pour enregistrer la position GPS sur la carte et indiquer un périmètre de sécurité. Il ne faut pas que l'on dérape on ne sait où, sans moyen de diriger le bateau. Antoine intervient : de toute façon, on ne peut pas bouger, le bateau est posé sur le sol. Catherine est Samuel se réveillent à leur tour, et comprenent peu à peu la situation : "On a perdu le safran ? Avec la barre alors ? Mais, ce n'est pas possible !!! Si ? " Que faire ? Dehors c'est la tempête. On réfléchit rapidement et froidement à quatre, le coeur serré : Il faut partir à la recherche du safran, c'est certain, mais surtout, ne pas prendre de risque. Essayer de penser à tout, très vite, les idées s'enchaînent dans les têtes, comme des flashs. Samuel est le premier à réagir. "J'y vais !" ; Pas trop vite tout de même, c'est dangereux ! On sort une corde, puis deux et même trois. Samuel s'attache, enfile un gilet de sauvetage et prend une lampe torche. Hélène vérifie qu'il est bien harnaché, lui donne des chaussures au dernier moment puis il saute à l'eau et fonce vers le rivage. Comme le bateau touche, nous estimons qu'il ne reste qu'un mètre de fond mais la mer est toujours blanche, pleine d'écume. Samuel amarre le bout à un arbre pour pouvoir revenir au bateau par la suite et commence ses recherches. L'eau est tiède mais le vent et la pluie refroidissent le haut du corps. Antoine et Catherine sont sur le pont et ne quittent pas Samuel des yeux. Hélène reste à l'intérieur et s'occupe du matériel : passer les lampes torches et les lampes frontales, puis les cirés, brancher le second phare sur l'allume cigare. En ciré et avec sa lampe frontale, Antoine finit par se jeter à l'eau à son tour en empruntant le même chemin. La pluie s'est calmée et le vent diminue tout doucement. A gauche, à droite, les garçons balayent la plage, aidés par Catherine qui les éclaire avec les projecteurs puissants de Madéo. Mais les deux phares consomment trop d'énergie, les batteries pointent rouges. Hélène éteint toutes les lampes à l'intérieur et coupe le frigo. Pas question de démarrer le moteur pour recharger les batteries: il n'y a plus de fond !!! Catherine coupe un projecteur. Si on ne fait pas attention, on ne pourra bientôt plus rien éclairer et la nuit est encore longue. Antoine se fatigue vite et perd espoir. Il rentre au bateau désespéré ! Samuel rentre à son tour. Les recherches sont vaines, il est 1h00 du matin.
Alors le safran flotte, coule ? On ne sait pas. Où est-il ? Sur la plage, sous le bateau, coincé par 1 m de fond, déjà en pleine mer poussé par les courants ? La marée monte ou descend ? Que fait-on ? On attend que le jour se lève ou on continue les recherches ? Si le vent change de direction, le safran va quitter l'île c'est sûr !!! Hélène est motivée pour partir à l'eau continuer les recherches. Samuel est prêt à la suivre et Catherine se dit qu'il n'y pas de raison qu'elle reste sur le bateau. Pendant qu'elle éclairait les garçons au cours de la première escapade elle a pu découvrir toutes les bestioles qui grouillent dans le fleuve, mais sans rien dire aux autres elle accepte l'invitation à la baignade. Il nous faut une technique de recherche plus ordonnée : en rang par trois avec quatre mètres d'intervalle entre chaque personne et Antoine qui éclaire depuis le bateau en plus des lampes torches, cela peut faire l'affaire. En tout cas on aura moins de chance de passer à côté sans le voir !

Catherine marche le long de la rive, Hélène au milieu et Samuel vers le large. Hélène est équipée d'une puissante lampe halogène tandis que Catherine et Samuel ont de petites lampes frontales. On ne discute pas beaucoup, les faisceaux des lampes balayent la surface, de la rive vers une quarantaine de mètres vers l'intérieur du fleuve, au niveau de Samuel. Le sol est mou, vaseux. L'eau est tiède et sale. Plus on s'éloigne du bateau, plus on trébuche sur des racines. On se fait mal, Hélène et Catherine tombent entièrement dans l'eau ; un peu plus loin, le fond augmente brutalement, Samuel se retrouve avec de l'eau jusqu'à la taille, puis aux épaules. Il peine un peu à revenir vers Hélène, et s'aide en nageant. L'équipe continue à avancer et à fouiller la surface. Si l'on marche sur une racine, on vérifie que ce n'est pas le safran. Rien, toujours rien. On arrive au bout de l'île. Les lampes éclairent maintenant vers l'océan, désespérément. On devine des grosses vagues et un fort courant. Demi-tour. On l'a vraiment perdu !

Pendant ce temps Antoine qui ne pouvait plus les éclairer car ils étaient trop loin, rumine dans le bateau. Le vent tourne. Il vient à nouveau de la plage. Si le safran ne s'est pas échoué, il va partir vers l'autre rive du fleuve et là, on peut lui dire bye-bye !!! Deuxième problème, si le bateau se remet à flotter il va se retrouver loin de la plage car la branche de l'arbre n'a pas l'air solide. Antoine quitte le bateau pour aller vérifier l'amarrage du bout. Tout va bien, cela va tenir. Madéo commence à vaciller sur sa quille, la mer monte. Ce n'est pas bon signe, si le safran s'est échoué sur la plage avec les vagues au plus fort de l'orage, il va maintenant partir avec la marée!!! Les lumières se rapprochent du bateau mais l'éclairage au spot éblouit les chercheurs.

Hélène, Catherine et Samuel reviennent au bateau, les places sont échangées, Hélène est côté plage, Catherine au milieu et Samuel vers le large, il connaît les passages difficiles ! On prend un peu de temps pour regarder le paysage autour de nous : Des yeux de chacals brillent sur la plage, les crabes sortent de leurs trous attirés par la lumière et sont tétanisés ; dans l'eau, des poissons sautent et des aiguillettes bien souples (des serpents ?) s'éloignent dès que l'on approche. On n'a pas l'idée d'avoir peur. On pense à la suite, sans safran. Mais non, il ne faut pas se déconcentrer, et continuer à chercher avec les petites lampes en écarquillant bien les yeux, sans oublier un coin.
On avance peu à peu vers le bateau. Antoine a du voir les lampes car il nous éclaire avec le spot. On lui hurle : "Éteint ! Tu nous éblouis". Pas de réponse, mais après quelques secondes, le spot s'éteint. On se reconcentre, Hélène prend un peu d'avance pour s'enfoncer dans une petite impasse de racines et de branchages de palétuviers et... oui, quelque chose de bleu clair flotte... Sacre bleu ! " Il est là, C'est bon, je crois qu'il est là ". Vite, vérifier qu'il est entier ! Catherine et Samuel arrivent sur-le-champ. "On a retrouvé le safran". On crie la bonne nouvelle a Antoine avant de le dégager, avec un peu de difficultés, des branches de palétuviers. C'est le soulagement. On est heureux et ça va beaucoup mieux.

 

 

Le retour victorieux de nos trois chercheurs de safran exténués !

Antoine de son côté qui était au bord des larmes n'en croit pas ses yeux ! "Bravo, bravo, youhou !!! Vite on range tout, de l'eau chaude, ils doivent avoir froid ! Ce n'est pas vrai, on l'a !!! Madéo, ne flotte pas trop vite, attend-les...". Justement, Samuel et Hélène arrivent avec le safran, pendant que Catherine a fait un détour par l'arbre pour décrocher le bout qui tient toujours. Le safran est maintenant tout près du bateau. La marée monte.
Les sauveteurs ne veulent pas faire de pause. "On termine le travail et on n'en parle plus" : s'exclament Catherine et Samuel. Ça ne va pas être de la tarte de reposer le safran dans ses gonds : Première chose, Ronan et Laurence avaient du faire appel à des pêcheurs pour le remettre en place pendant leur voyage. Il était juste sorti de ses gonds et à deux, ils n'avaient pas réussi à le replacer. Deuxième chose, Hélène est repartie avec le bout relier de nouveau le bateau à l'arbre car si le bateau se décolle, le vent va le pousser maintenant vers l'autre rive et l'on aura plus pied : encore plus difficile de remettre le safran en place !

Le temps de penser à tout cela, Antoine voit apparaître la barre du safran au niveau de la passerelle, suivie de la partie métallique reliant la barre au gouvernail. Il n'y croit pas, Catherine et Samuel portent le safran sans problème... Antoine le maintient par le haut, debout sur les deux bancs du cockpit. Il ne reste plus qu'à le faire rentrer dans ses trois gonds : un sous l'eau pour Samuel, un au niveau de l'eau pour Catherine et au niveau du liston pour Antoine. Premier essai, deuxième essai et hop c'est dans le sac !!! Hélène monte carrément sur le safran pour l'enfoncer, ça y est presque... Antoine et Samuel prennent place à leur tour, puis en bougeant la barre de droite à gauche, il s'enfonce. Gagné, ce coup ci c'est gagné !

Un bout, il faut l'accrocher maintenant et solidement ! Un bout d'un centimètre d'épaisseur fera l'affaire. Deux noeuds de chaise sur des pontets de chaque côté de la barre puis l'autre extrémité du bout sur la structure métallique, trois mètres entre les deux comme ça, s'il lui prend l'envie de repartir en balade, il restera attaché par sa laisse 2 m à 3 m derrière le bateau. Pendant ce temps, Hélène et Catherine sont de nouveau parties vers l'arbre pour détacher le bout. C'est plus difficile de revenir au bateau, on a de l'eau aux épaules maintenant. Un dernier effort pour se hisser à bord. C'est bon, tout le monde est sain et sauf à bord, safran y compris. On respire.

 

 

 

 

Après l'effort, le réconfort, petit grog serré au cognac pour remettre du baume au coeur. Pour l'occasion, tout est permis : Tablette de chocolat Poulain aux noix de cajou caramélisées et tuiles aux amandes de maman Catherine. Il est 4 h 00 du matin, les recherches ont duré quatre heures... Quatre heures d'angoisse qui finissent bien ! Le cognac sent rudement bon, chacun raconte ses émotions et une demi-heure plus tard, un peu joyeux, tout le monde part se coucher...

 

 

 

Voici notre ami l'arbre. C'est lui qui nous a permis de descendre à terre pour rejoindre le rivage. 40 m de bout du bateau au tronc nous ont servi de guide pour franchir la mer déchaînée et ne pas laisser Madéo repartir au large sans son équipage.

 

 

 

La mangrove dans laquelle Hélène a retrouvé le safran. De jour, ça semble facile mais de nuit, ce n'est pas évident... A trois, pour essayer de ratisser le bord, avec des lampes pas très puissantes, il a fallu faire l'aller et le retour jusqu'au bout de l'île pour réussir à le voir. En plus, le Siné Saloum, ça grouille de bestioles en tout genre. Exemples: les crabes, vus ci-dessus, ne sont pas couchés et continuent à jouer avec les vagues au bord de l'eau, plus, pas mal de serpents ou de poissons longs (on ne veut pas trop savoir) Enfin bon, mission accomplie et maintenant, le gouvernail est attaché par un bout au bateau, s'il se décroche, il n'ira pas bien loin au bout de sa laisse.

 

 

 

Lundi 20 : repos sur l'île de Sangomar

Au petit matin, il faut ranger le reste du matériel. La chaîne qui nous a servi de paratonnerre, l'ancre de secours, les bouts. C'est beaucoup plus calme, on retrouve le Siné Saloum comme au premier jour ! Enfin !!!

Vous pouvez voir, en haut à gauche, la barre accrochée et le safran bleu qui on l'espère ne bougera plus !!!

 

 

 

Nous changeons de mouillage pour se rapprocher de la langue de sable plus au nord. Une nouvelle masse nuageuse se présente devant nous. Samuel et Catherine retirent le taud.

Préparation avant l'orage, maintenant, on est au point, dès que ça se couvre, on retire le taud et on ne le laissera plus jamais la nuit.

 

 

Nous retournons mouiller un peu plus loin de la plage pour larguer plus de chaîne et rester dans une aire d'évitement ou nous ne toucherons pas, avec une grande marge de sécurité, au cas ou Madéo se mettrait à chasser de nouveau. Antoine sort son ciré car la pluie fait toujours aussi mal et trempe toujours autant !!!

 

 

Premier essai de Catherine au four : petits sablés (un peu trop cuits par en dessous) et chou farci.

Les prochaines fournées de petits sablés au zeste de citron vert seront vraiment réussies. En fait, il faut tourner la plaque a mi-cuisson pour harmoniser l'ensemble, le four aurait tendance à plus chauffer devant que derrière

 

 

 

Mardi 21 : navigation vers l'île Ndar

 

Nous attendons la marée montante pour commencer la navigation car le courant est fort. Cela ne sert à rien de lutter à contre courant; on ne dépasserait pas les 4 noeuds alors qu'avec, on fonce à 7 noeuds sans pousser le moteur. Le premier village que nous rencontrons c'est Djiferre. Côté fleuve c'est bien plus joli... Pirogues et palmiers au menu. Juste après le village, cinq voiliers sont mouillés. Cela aurait pu être une belle escale mais un millier d'oiseaux nous attendent à 4 heures d'ici...

 

 

 

Ce sont des filets ou casiers à crevettes posés par les pêcheurs. Nous zigzaguons entre les obstacles pour remonter jusqu'à Ndar. Ça a l'air d'être un bon coin de pêche par ici !

 
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