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| Date d'arrivée : dimanche 19 octobre
2003, 14H00
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| Dimanche 19 : navigation jusqu'à l'entrée du Siné Saloum | ||||||
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| La nuit du 19 au 20 octobre... | ||||||
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Le soleil décline, tout le monde va se coucher assez
rapidement après le repas car la nuit dernière a été
longue et la journée pleine d'émotion... A minuit, Antoine se réveille en sursaut ! Le vent
s'est levé, les hublots ouverts créent un courant d'air
énorme dans le bateau... Que se passe t-il ? Il sort en trombe
pour mieux se rendre compte. Dehors il y a 30 noeuds de vent et le taud
est toujours en place. Vite il faut l'enlever et même très
vite !!! Tout nu, il commence par retirer le bimini arrière. L'affaire
est déjà compliquée car il fait bien noir et le vent
continue de monter. Le bimini enfourné dans un coffre, il peut
s'attaquer au grand taud. De peur qu'il s'envole, Antoine prend beaucoup
de précautions et enlève les noeuds dans un ordre bien précis
sous l'orage qui menace. La pluie ne tombe pas encore. C'est bon on rentre ! Assez trempés pour ce soir... Un bon coup de séchage à la serviette et on peut se
remettre au lit. Pendant ce temps Hélène dort paisiblement
sans se rendre compte de rien !!! Il nous a quitté : Le safran est parti sans rien dire, sans une trace, sans rien casser, sans faire de bruit ! Ça veut dire plus de direction, donc plus de bateau,
le séjour de Samuel et Catherine à l'eau, une réparation
ô combien difficile à Dakar si nous pouvons seulement y retourner,
se faire remorquer. Ah quelle galère ! Est-ce qu'il flotte ? Où
est-il ? Antoine rentre dans le bateau et annonce froidement : "mauvaise
nouvelle on n'a plus de safran !" Hélène sort de son sommeil illico presto,
pourtant Antoine n'a pas parlé fort, mais au ton de voix, elle
a senti qu'il se passait quelque chose de grave. " Quoi que se passe
t-il ? Le safran ? Non !!!" Elle se lève et, premier réflexe,
allume le PC pour enregistrer la position GPS sur la carte et indiquer
un périmètre de sécurité. Il ne faut pas que
l'on dérape on ne sait où, sans moyen de diriger le bateau.
Antoine intervient : de toute façon, on ne peut pas bouger, le
bateau est posé sur le sol. Catherine est Samuel se réveillent
à leur tour, et comprenent peu à peu la situation : "On
a perdu le safran ? Avec la barre alors ? Mais, ce n'est pas possible
!!! Si ? " Que faire ? Dehors c'est la tempête. On réfléchit
rapidement et froidement à quatre, le coeur serré : Il faut
partir à la recherche du safran, c'est certain, mais surtout, ne
pas prendre de risque. Essayer de penser à tout, très vite,
les idées s'enchaînent dans les têtes, comme des flashs.
Samuel est le premier à réagir. "J'y vais !" ;
Pas trop vite tout de même, c'est dangereux ! On sort une corde,
puis deux et même trois. Samuel s'attache, enfile un gilet de sauvetage
et prend une lampe torche. Hélène vérifie qu'il est
bien harnaché, lui donne des chaussures au dernier moment puis
il saute à l'eau et fonce vers le rivage. Comme le bateau touche,
nous estimons qu'il ne reste qu'un mètre de fond mais la mer est
toujours blanche, pleine d'écume. Samuel amarre le bout à
un arbre pour pouvoir revenir au bateau par la suite et commence ses recherches.
L'eau est tiède mais le vent et la pluie refroidissent le haut
du corps. Antoine et Catherine sont sur le pont et ne quittent pas Samuel
des yeux. Hélène reste à l'intérieur et s'occupe
du matériel : passer les lampes torches et les lampes frontales,
puis les cirés, brancher le second phare sur l'allume cigare. En
ciré et avec sa lampe frontale, Antoine finit par se jeter à
l'eau à son tour en empruntant le même chemin. La pluie s'est
calmée et le vent diminue tout doucement. A gauche, à droite,
les garçons balayent la plage, aidés par Catherine qui les
éclaire avec les projecteurs puissants de Madéo. Mais les
deux phares consomment trop d'énergie, les batteries pointent rouges.
Hélène éteint toutes les lampes à l'intérieur
et coupe le frigo. Pas question de démarrer le moteur pour recharger
les batteries: il n'y a plus de fond !!! Catherine coupe un projecteur.
Si on ne fait pas attention, on ne pourra bientôt plus rien éclairer
et la nuit est encore longue. Antoine se fatigue vite et perd espoir.
Il rentre au bateau désespéré ! Samuel rentre à
son tour. Les recherches sont vaines, il est 1h00 du matin. Catherine marche le long de la rive, Hélène au milieu et Samuel vers le large. Hélène est équipée d'une puissante lampe halogène tandis que Catherine et Samuel ont de petites lampes frontales. On ne discute pas beaucoup, les faisceaux des lampes balayent la surface, de la rive vers une quarantaine de mètres vers l'intérieur du fleuve, au niveau de Samuel. Le sol est mou, vaseux. L'eau est tiède et sale. Plus on s'éloigne du bateau, plus on trébuche sur des racines. On se fait mal, Hélène et Catherine tombent entièrement dans l'eau ; un peu plus loin, le fond augmente brutalement, Samuel se retrouve avec de l'eau jusqu'à la taille, puis aux épaules. Il peine un peu à revenir vers Hélène, et s'aide en nageant. L'équipe continue à avancer et à fouiller la surface. Si l'on marche sur une racine, on vérifie que ce n'est pas le safran. Rien, toujours rien. On arrive au bout de l'île. Les lampes éclairent maintenant vers l'océan, désespérément. On devine des grosses vagues et un fort courant. Demi-tour. On l'a vraiment perdu ! Pendant ce temps Antoine qui ne pouvait plus les éclairer car ils étaient trop loin, rumine dans le bateau. Le vent tourne. Il vient à nouveau de la plage. Si le safran ne s'est pas échoué, il va partir vers l'autre rive du fleuve et là, on peut lui dire bye-bye !!! Deuxième problème, si le bateau se remet à flotter il va se retrouver loin de la plage car la branche de l'arbre n'a pas l'air solide. Antoine quitte le bateau pour aller vérifier l'amarrage du bout. Tout va bien, cela va tenir. Madéo commence à vaciller sur sa quille, la mer monte. Ce n'est pas bon signe, si le safran s'est échoué sur la plage avec les vagues au plus fort de l'orage, il va maintenant partir avec la marée!!! Les lumières se rapprochent du bateau mais l'éclairage au spot éblouit les chercheurs. Hélène, Catherine et Samuel reviennent au
bateau, les places sont échangées, Hélène
est côté plage, Catherine au milieu et Samuel vers le large,
il connaît les passages difficiles ! On prend un peu de temps pour
regarder le paysage autour de nous : Des yeux de chacals brillent sur
la plage, les crabes sortent de leurs trous attirés par la lumière
et sont tétanisés ; dans l'eau, des poissons sautent et
des aiguillettes bien souples (des serpents ?) s'éloignent dès
que l'on approche. On n'a pas l'idée d'avoir peur. On pense
à la suite, sans safran. Mais non, il ne faut pas se déconcentrer,
et continuer à chercher avec les petites lampes en écarquillant
bien les yeux, sans oublier un coin. |
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| Lundi 20 : repos sur l'île de Sangomar | ||||||
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| Mardi 21 : navigation vers l'île Ndar | ||||||
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