Sénégal: Gorée avant | après
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Date d'arrivée : jeudi 30 octobre 2003, 8H00
Date du départ : vendredi 31 octobre 2003, 10H00


Jeudi 30, nous arrivons au petit matin à Gorée
 

Nous avons partagé la nuit en deux. Après Catherine et Samuel, Hélène et Antoine barrent jusqu'au petit matin ; il est 7 h quand nous arrivons devant Gorée. Il fait déjà très chaud !

 


Panorama de Gorée vue de l'est.

 

 

On tourne un moment avant de trouver l'endroit idéal pour mouiller. Nous sommes le seul bateau devant l'île. Les pirogues de pêcheurs s'agitent autour de nous. Bientôt la chaloupe arrivera de Dakar vers le débarcadère.

On entre dans le petit port, mais c'est vraiment trop petit : un seul voilier peut mouiller à l'intérieur ; et on ne sait pas trop ou la chaloupe débarque ses passagers. Des gamins nous indiquent de mouiller sur un autre quai. Finalement nous préférons jeter l'ancre à l'extérieur, sur la droite du port.

Catherine et Samuel ne tiennent plus : un plongeon dans l'eau claire, il fait vraiment trop chaud !

Puis nous partons à la découverte de l'île. 900 m de long et 300 m de large, Gorée est un petit paradis propre, calme et sans voiture.

La chaloupe de Dakar emmène beaucoup de touristes et il y a plein d'artistes dans les ruelles. Nous aimons bien les tableaux sur toile, les chaises africaines et pied de table mobile, les djembes, les chapeaux de paille, les objets en bois...
Bref, nous nous renseignons sur les prix, nous reviendrons un autre jour acheter tout ce qui nous plait.

 

 

 

Ruelles de Gorée : murs pastels, terre battue, plantes vertes,...

... dans une atmosphère tiède et calme.

 

 


Un petit singe dans le jardin de la citadelle.
Recommandations suivies à la lettre !

 

 

L'île a été choisie par l'UNESCO comme centre de mémoire de l'esclavage.

Une ancienne maison d'esclaves a justement été aménagée en musée pour rappeler l'horreur des conditions de vie : Les esclaves étaient triés par âge et par sexe et entassés dans de petites pièces noires et humides du rez-de-chaussée : les hommes, les femmes, les jeunes filles et les enfants.
Les esclaves sortaient une fois par jour de leur cellule pour leurs besoins.

Les marchands d'esclaves choisissaient les hommes en fonction de leur poids (+ 60 kg) et de leur état général, les jeunes filles et les femmes en fonction de leurs seins.

Les maîtres violaient les jeunes filles, si elles tombaient enceintes, elles étaient relâchées car le bébé avait du sang "blanc", et ne pouvait être un esclave.

Les malades et les hommes trop légers étaient jetés aux requins directement par une porte donnant sur la mer (photo ci-dessous).

Les familles étaient séparées, les esclaves achetés étaient emmenés en Amérique au fond de cales des navires négriers pour travailler la canne à sucre ou le coton, des Antilles à la Floride. Ils prenaient le nom de leur maître, et étaient marqué au fer.

L'Afrique a perdu ainsi pendant plusieurs siècles des millions d'hommes et de femmes en pleine santé. Les Espagnols, les Portugais et les Français étaient les plus grands marchands d'esclaves.

Gorée n'est pas l'endroit où le plus d'esclaves ont séjourné, mais elle a été choisie comme mémorial.

 

 

 

<-- Longs échanges avec un rasta sur la vie à Gorée, depuis la citadelle.

Deux autres bateaux sont mouillés à côté de Madéo, dont le cata du Club Med des Almadies, au nord de Dakar. On apprend qu'il vient tous les jours.

On s'aperçoit très vite que les touristes de la chaloupe ont tous un guide, et qu'ils ne discutent pas avec les Goréens. Bien entendus, les guides encaissent une commission à chaque objet vendu dans les boutiques.

Nous sympathisons avec quelques vendeurs. Pourtant nous n'achetons rien ! Ils sont contents de nous voir, il parait que l'on porte chance, rien qu'en entrant dans le magasin.

 

Nous nous retrouvons tous les quatre pour déjeuner sur le port, Catherine et Samuel ont tout dépensé. Ils ont trouvé un beau cadeau pour Antoine : une girafe en bois toute jolie qui tourne la tête !

Le percepteur nous a aussi retrouvés. Il nous cherche depuis ce matin pour encaisser les 10 000 F CFA (15 euros) de taxe de séjour. On s'excuse et on parlemente un bon moment pour payer moins.

Il nous explique qu'il nous attendait sur la plage, qu'il a manqué la prière exprès pour nous. Il travaille sus une terrasse devant la plage et attend les bateaux en lisant le journal. C'est plus agréable qu'au bureau (là, on n'a pas pu retenir un sourire), et il emmène le texte officiel et les reçus de paiement directement sur place.
Nous répliquons que nous ne sommes là que pour la journée, que nous ne sommes pas un bateau de charter qui profite du mouillage en faisant payer des clients, et que l'on s'était renseigné le matin à la police qui nous avait dit qu'on pouvait rester ici et qu'il n'y avait rien à faire avec eux (véridique !).

Tout cela dans la bonne humeur et pendant un long moment : et ça a payé : il nous fait demi-tarif ! Comme quoi tout se marchande, même les arrêtés municipaux.

 

 

 

Un gros cargo passe au large de l'île. A droite, sa cheminée bleue dépasse le musée historique !
Sur la plage du petit port, on peste contre le manque de tenue des touristes dans les sites publics, en plein mois de ramadan.

Nous rentrons en fin d'après midi, Antoine part chasser et ramène rapidement quelques beaux poissons dont une grosse murène. Le coin est vraiment poissonneux. Catherine prépare la murène aux oignons et à la noix de coco : un délice.

Le lendemain matin, nous repartons pour le CVD

 
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