|
| Date d'arrivée : jeudi 13 novembre
2003, 13H00
Date du départ : mardi 18 novembre 2003, 15H00
|
| Jeudi 13 : frayeurs à Ziguinchor |
| |
 |
 |
Nous emmenons Alain, son fils Guillaume et Noah à Zig car
la pirogue Nioumoune-Ziguinchor du jeudi ne passe pas. On est content
car Alain connaît très bien le chemin, la remontée
du fleuve sera plus cool. Nous partons vers 9 h, avec la marée
montante : le courant nous pousse et nous fait gagner presque deux
noeuds.
Après une petite heure de navigation au moteur, Antoine
part se coucher. Il se sent très fatigué. |
|
|
| Vue depuis notre mouillage. |
L'état
d'Antoine ne s'améliore pas : fièvre, faiblesse, douleurs
musculaires et diarrhée.
Heureusement, Alain est là pour aider Hélène
à remonter le fleuve entre les balises du chenal. Il faut
être très attentif car c'est seulement lorsqu'on passe
une balise que l'on voit la suivante à la jumelle. Et toujours
des pirogues, des filets et des palangres sur notre route. A 13
h, enfin nous arrivons, Alain jette l'ancre pendant qu'Hélène
fait marche arrière pour bien crocher le fond.
L'eau est sale et poisseuse, à cause d'une poissonnerie
qui déverse tous ses déchets directement dans le fleuve.
Même les Sénégalais ne se baigne pas : c'est
pour dire.
Tout le monde se rend à terre, sauf Antoine, scotché
dans son lit. On a un peu peur que ça soit une crise de paludisme,
car se sont les symptômes et on a oublié de prendre
un cachet de Savarine, le traitement préventif, il y a quelques
jours.
On commence par appeler Hyacinthe, notre contact VSF, qui doit
certainement connaître un bon médecin. Nous nous donnons
rendez-vous à l'hôtel restaurant le Perroquet, juste
en face du bateau.
Un quart d'heure après, Hyacinthe est là avec Yves,
un français installé au Sénégal.
Nous appelons un médecin qui accepte de venir sur place.
C'est une femme, qui arrive trois heures après. Hélène
commençait à s'impatienter, Antoine est toujours seul
au bateau.
|
 |
|
|
Hélène
l'accueille chaleureusement et lui montre le bateau. Elle fait une
drôle de tête. Lorsqu'on l'invite à monter dans
l'annexe, elle avoue qu'elle ne sait pas nager et qu'elle a besoin
d'un gilet de sauvetage. Nous la rassurons, le fleuve est plat,
il n'y a pas une vague et dans moins d'une minute nous serons à
bord.
Le médecin s'installe donc dans l'annexe et avec l'aide
d'Alain, Hélène pousse le dinghy jusqu'à avoir
de l'eau au-dessus des genoux. C'est que notre docteur est bien
en chair !
Nous arrivons toutes les deux sans encombre au bateau ; après
quelques acrobaties, elle parvient à se hisser sur la passerelle,
en perdant une chaussure heureusement tombée dans l'annexe.
Ouf !
Elle ausculte Antoine. Tension faible, fièvre et toujours
diarrhées et douleurs musculaires. Elle prescrit deux traitements
: un contre le paludisme et un contre les affections bactériennes.
Il faut relever la température toutes les quatre heures et
la rappeler ce soir et demain matin pour qu'elle suive l'évolution.
Il est temps de retourner à terre. Et là, on a frôlé
la catastrophe : au moment de descendre dans l'annexe à partir
de la passerelle, notre médecin s'est retrouvé déséquilibrée,
debout les pieds dans l'annexe et les mains encore accrochées
au bateau. L'annexe a filé sous la passerelle et notre docteur
s'est retrouvé face l'eau, la tête à 40 cm de
la surface, le corps sous la passerelle et les pieds dans l'annexe,
qui poussaient toujours plus loin... Des pieds, Hélène
repousse l'annexe à la verticale du docteur tout en retenant
tant bien que mal avec un bras notre pauvre passager.
Tout s'est passé très vite, le docteur s'est finalement
écrasé dans l'annexe.
Hélène a sauté à son tour à bord,
démarré le moteur en trombe et foncé vers la
plage. Plus tôt on sera sur la terre ferme, mieux ce sera.
A 10 mètres de la plage, on n'avance plus. Hélène
saute dans l'eau sale et tracte l'annexe sur la plage. Le docteur
descend, encore sous le choc, et le temps d'accrocher le bout de
l'annexe, le docteur a déjà disparu. Hélène
n'a même pas eu le temps de la remercier !
|
 |
| |
Mais ce sont des cigognes
alsaciennes !
Non, des ibis tantales qui ont élu domicile
sur le fromager de l'hôtel restaurant Le Perroquet. |
|
|
| |
Coucher de soleil sur la Casamance.
|
| Direction la pharmacie
avec Hyacinthe. Ils ont tout ce qu'il faut, mais ils ne sont pas
très sympas ; au moment de payer, on comprend pourquoi :
dans une salle derrière, la télé est allumée
: on les dérange pendant leur série TV !
Retour au bateau périlleux car un gros morceau de tissu
s'est emmêlé dans l'hélice de l'annexe, certainement
à l'aller. Il a fallu plonger les mains dans l'eau toujours
aussi noire et dégoûtante pour libérer l'hélice.
Il est 18 h Hélène peut enfin s'occuper d'Antoine
tranquillement ; on commence le traitement prescrit suivi d'un bon
repas léger. Préparation des papiers pour les formalités,
on aurait déjà du les voir cet après-midi.
Et demain, si Antoine est encore HS, Hélène devra
y aller seule. On espère qu'ils vont être conciliants.
Concernant les cartons humanitaires, Hyacinthe est prévenu
: tant que le capitaine est malade, on ne bouge pas le bateau. S'il
faut décharger rapidement, on fera des aller-retours avec
l'annexe.
A 21 h, il est temps d'aller téléphoner au médecin
: l'état d'Antoine s'est stabilisé, il a pu se lever
et passer un peu de temps dehors.
Qui dit téléphone dit retour à terre ; Hélène
repart en annexe, celle-ci refuse de démarrer au quart de
tour. Il fait nuit, ce n'est vraiment pas le moment... Bon, au bout
de 5 essais, c'est quand même parti. Bain de pied dans l'eau
poisseuse pour tirer l'annexe à terre.
|
 |
Le médecin prend note et demande de rappeler demain vers
10 h. Elle est plutôt rassurante. Hélène lui
promet que si elle revient, on débarquera Antoine a terre,
elle n'aura plus à venir sur le bateau.
Remise à l'eau de l'annexe, et là, c'est le pompon.
L'annexe refuse d'avancer, une odeur de cheveux brûlés
se dégage. Hélène insiste jusqu'à voir
un petite fumée blanche sortir du capot. Moteur coupé,
inspection de l'hélice : un fil de pêche s'est complètement
emmêlé il y a une vingtaine de tour et des noeuds partout
!
Avec la lampe frontale, tous les poissons et les bestioles du coin
sont attirés, plus question de patauger ! Hélène
rend les armes et rentre à la rame. C'est pas très
facile, surtout contre le courant et avec une seule rame.
Enfin au bateau, Hélène s'offre une douche sur le
pont. L'eau est froide, il y a plein de moustiques mais tant pis,
savonnage intensif et long rinçage au pulvérisateur.
Bonne nouvelle dans le bateau, Antoine va mieux, la fièvre
a commencé à baisser et il a faim. Ravioli !
Il est temps d'aller se coucher. Nuit difficile pour tous les deux
entre l'appréhension de l'état d'Antoine et la chaleur
dans le bateau.
|
|
| vendredi 14, déchargement de cartons
VSF de fournitures humanitaires : vêtements, médicaments,
affaires scolaires |
Antoine va mieux, il n'a presque
plus de fièvre et se sent moins faible. On décide
d'aller ensemble à terre faire les formalités et s'organiser
pour le déchargement des cartons avec Hyacinthe. Si besoin,
on prendra un taxi.
|
 |
Débarquement des cartons humanitaires sur le quai de Ziguinchor.
Une foule de curieux assiste aux opérations.
On n'est pas très rassuré quand même, on ne
voudrait pas que nos affaires qui traînent disparaissent pendant
le déchargement. |
|
|
| Le matériel sort
des soutes. Hélène vide la cale avant où étaient
stockés le contenu de 14 cartons. Elle les sort par le hublot
et Hyacinthe les récupère et essayant de se retrouver
dans les numéros... Pendant ce temps Antoine et Yves sortent
les 14 cartons vides pliés de la cale moteur et les 6 cartons
pleins au-dessus des batteries. |
 |
|
|
 |
 |
| Ensuite on reconditionne en cartons
avec les paquets numérotés. Ci-dessus, Hyacinthe dubitatif
et la foule qui ne bougera pas jusqu'à notre départ. |
|
|
| En blanc, Fatou Diatta,
qui récupère les cartons pour un petit village au nord
de la Casamance : Manecouda. |
 |
|
|
 |
A notre retour au Perroquet,
Antoine est attiré par un 4X4. Tiens, petit clin d'oeil à
Joncs, Sabine, Matthias, Romain, Amandine et Rozenn... Le camion vient
de Pornichet !!! |
|
|
|
|
Du samedi 15 au lundi 17 : Mouss le sculpteur, visite
de Ziguinchor |
Construction d'une maison
en terre : ici c'est la fabrication des parpaings en argile.
Nous sommes chez Hyacinthe dans un quartier de Ziguinchor : Colombane.
Il nous a invité dimanche à déjeuner chez lui.
Son voisin est en pleine activité... |
 |
|
|
 |
Depuis notre arrivée
à Ziguinchor nous passons beaucoup de temps chez notre ami
Mouss. C'est Yves qui nous y a emmené la première
fois car nous cherchions une chaise pour compléter notre
salon. Il en avait commandé deux ici pour le campement de
Hyacinthe et avait eu un bon tarif. On avait vu les chaises en passant
à Nioumoune et elles nous avaient beaucoup plu...
Nous commençons donc à négocier notre chaise,
mais pas le premier jour ! Puis nous avons l'idée de la personnaliser.
Et c'est devenu notre petit chef-d'oeuvre !
En discutant un soir autour du thé, Mouss nous raconte qu'il
a d'autres pièces dans un placard à l'intérieur.
Elles sont en bois brut et la finition n'est pas terminée...
Il est parti les chercher en brousse il y a bien longtemps ! Nous
partons jeter un oeil à son petit trésor...
Au fond, j'aperçois une girafe, grande, très grande
: 1,70m... J'avoue à Mouss que c'est ce que je cherche depuis
mon arrivé au Sénégal (Un vieux rêve
qui date de la Corse : on n'en avait vu de très belles dans
un magasin mais horriblement chères). Celle-ci n'a pas la
tête qui tourne et c'est un critère éliminatoire
pour moi...
Illico, Mouss me dit : "mais elle est là celle que tu
cherches, juste derrière !!!"
Je lui réponds : "Elle a l'air parfaite, ça vaux
le coup de la sortir pour demain, je passerai la voir au grand jour..." |
Le lendemain, elle est dehors et
c'est plusieurs jours de négociation qui débutent
! La veille de partir, lundi, Mouss nous fait une offre qui commence
à nous plaire et la chaise qu'il vient de nous livrer est
très réussie. On se donne encore la nuit pour réfléchir
mais je pense que nous allons la prendre, on s'entendra sur le prix
final demain.
Comme nous sommes très contents de la chaise, on propose
à Mouss de lui faire une page web rien qu'à lui sur
notre site. Le lendemain matin nous lui présentons notre
travail, il est ravi et cela nous fait chaud au coeur. Peut-être
arrivera t-il à avoir la boutique dont il rêve auprès
de la mairie avec ce petit coup de pouce !!!
Entrée sur LE SITE DE MOUSS,
avec les photos de notre chaise et les objets qu'il propose en ce
moment. |
 |
|
|
 |
|
 |
Au marché artisanal nous avons aussi acheté quelques
pirogues... Ce sont les premières que nous trouvons avec
quatre compartiments. Vous pouvez toujours en commander à
Mouss si vous n'en trouvez pas !!! |
|
Nous avons également craqué sur des plats : plat
à fruit, à poisson, à salade... A Ziguinchor
vous pouvez trouver de tout et sûrement moins cher qu'à
Dakar !!! |
|
|
 |
 |
Le ministère de la justice...
Il y a beaucoup de
bâtiments administratifs dans le coin,
on se croirait dans le centre de Paris, les couleurs en plus !!! |
Un garage pour réparer sa voiture. Bien sûr il vaut
mieux qu'elle soit déjà en mauvais état avant
d'y venir car je ne sais pas comment elle en ressortira ! |
|
|
| En face de l'église
c'est une sorte de décharge qui se consume. Les charognards
ramassent ce qu'ils peuvent sur le tas fumant. |
 |
|
|
 |
Au sud-ouest de la ville,
les rizières prennent tout de suite le dessus. A perte de vue
nous ne voyons que du riz. On y fera une bonne balade en suivant les
femmes qui rentrent dans leur quartier après l'achat du poisson
au bord du fleuve. |
|
|
| Le chemin n'est pas facile
à trouver mais le paysage est tellement beau que l'on continue
de s'enfoncer au milieu des rizières. Au bout d'une heure nous
arrivons dans un quartier de Ziguinchor sans bitume ni électricité,
un peu perdu entre les baobabs. La ville est en fait très étalée,
toutes les maisons et bureaux n'ont pratiquement qu'un étage. |
 |
|
|
 |
Nous postons quelques
cartes postales (les premières depuis le départ) pour
les grands-parents avant de repartir vers Nioumoune ou nous attend
Hyacinthe pour découvrir un peu mieux le mode de vie Diola.
Nous reviendrons à Zig dans une semaine pour prendre livraison
de notre girafe. |
|
|
|