Sénégal : Casamance, Nioumoune et Haère avant | après
retour page escales

Date d'arrivée : mercredi 19 novembre 2003, 18H00
Date du départ : dimanche 23 novembre 2003, 7H00


Mercredi 19 novembre : arrivée à Nioumoune
 

 

Nous devons programmer notre journée de demain. Hyacinthe nous emmène à Haère pour donner des fournitures scolaires à l'école. Antoine va au campement, situé en face du mouillage. Hyacinthe y est sûrement.

Le campement de Hyacinthe : il est tout neuf, quatre chambres accueillent les touristes avec une salle de bain et un salon communs. Pour avoir plus de renseignements sur ce campement vous pouvez nous écrire un mail. C'est un campement privilégié au point de vue culturel. Il respecte la nature et la vie du village avant tout. Un site web est en cours de création.

 

 

Jeudi 20 novembre : journée à Haère en pirogue
 

Excursion à Haère : nous délaissons Madéo pour la pirogue ambulance du dispensaire de Nioumoune, empruntée pour la journée.

Départ à 9 h sénégalais. Donc nous partons vers 10h après avoir réglé les détails en tout genre qu'une simple expédition comme la nôtre peut causer.

 

 

Samuel, Bléh (au moteur), Antoine, Pierrot et Hyacinthe. Nous partageons les frais d'essence. La pirogue en aluminium est ultra légère et au moindre déplacement dans le bateau, elle s'incline à droite ou à gauche.

On emprunte des raccourcis : bolongs très étroits, passage sous un pont en bois, le paysage est magnifique et la pirogue beaucoup plus agile que Madéo. Nous ne serions jamais passé ici avec lui !

Le voyage est très agréable, Hyacinthe nous parle des coutumes animistes. Leur vie est vraiment différente de la nôtre...

 

 

 

Une pirogue garée, ses occupants coupent des feuilles de palmier
pour en faire des clôtures.

 

Les charognards nous attendent à Haère, perchés dans un baobab.

 

 

 

Quand la pirogue touche le fond, il ne reste que 10 cm d'eau !!!

 

Mais...

 

Pour Pierrot, pas question que Hélène mette un pied dans l'eau... Alors il se charge de nous transporter à terre (même Antoine)!

 

 

 

Entrée au village de Haère. Hyacinthe et Pierrot portent nos sacs. : ils sautent dessus à chaque fois que l'on se déplace, pas moyen de les porter nous même !

 

 

L'école de Haère, trois classes dans un bâtiment propre avec une cour immense !

Nous nous dirigeons très rapidement vers l'école. C'est le président des parents d'élèves qui nous y emmène. Tout le monde est en classe, et comme à chaque visite d'école on interrompt tous les cours pour nous présenter aux professeurs et aux élèves. Nous expliquons notre visite au directeur et notre intention de prendre chaque classe en photo. L'idée à l'air de lui plaire... Mais personne ne sait vraiment comment on procède !!! Antoine et Hélène prennent donc les choses en main.

"Quelle classe est prête ? On peut y aller alors !!! C'est parti... Non venez par-là, c'est à contre jour ici (ils veulent toujours se mettre dos au soleil certainement pour ne pas avoir mal au yeux !). Tout le monde en rang. Les premiers à genoux, les seconds accroupis et les autres debout ! "

Les professeurs nous sont tout de même d'une grande utilité car les enfants ne se mettent pas en rang si facilement. Et surtout c'est difficile d'avoir un sourire, ils sont tous terrorisés par notre appareil photo. Alors Antoine leur demande de chanter, le résultat est plutôt sympa, l'ambiance se décontracte et Antoine mitraille.

Nous imprimerons les photos sur le bateau à notre retour à Nioumoune et Hyacinthe les transmettra par la suite au village.

 

 

Classe de CM1 classe de CE1 classe de CI

 

 

Sitôt les photos finies, les filles font une ronde
et tapent dans leur main en chantant.

Hyacinthe profite bien de sa journée en parlant avec toutes ses connaissances. Nioumoune et Haère ont beaucoup de liens car il y a eu de nombreux mariages entre les deux villages.

 

 

Nous sommes également venus apporter quelques fournitures scolaires pour compléter celles de Max, un autre voilier de Voile Sans Frontière qui est passé il y a un mois. Mané, le directeur, nous montre d'ailleurs avec beaucoup de fierté les piles de feuilles, de cahiers et de livres que Schoume a transportés.

Nous laisserons une centaine de bics, quelques rouleaux de scotch et une cinquantaine de gommes. Le directeur est ravi, c'est une bonne année pour eux. Son bureau semble peut être rempli de livres et de cahiers mais c'est simplement parce qu'il manque d'étagère ou de placard dans la classe. Ils ont très peu de fournitures et tout ce que Max a ramené double leur capital !

 

 

La visite de l'école est terminée.
Nos guides nous emmènent vers les cultures de riz
pour saluer une tante de Hyacinthe.
Au passage nous découvrons des piments dans un potager.

C'est le jour des découvertes ! Nous allons goûter aux graines de palme. On peut les griller ou les manger nature. Il suffit de grignoter la peau rouge et sucer le jus qui se forme. Le reste n'est qu'un gros noyau noir que l'on crache par terre. Samuel en est fan, il ne lâchera pas la grappe !

 

 

^
|
Après les graines de palme, voilà la récolte du vin de palme : on incise la tige et le jus coule directement dans la bouteille, ce n'est pas très alcoolisé normalement mais si on attend un ou deux jours de trop le vin prend vite une dizaine de degrés. On ne peut pas dire que ce soit excellent mais on l'a tout de même apprécié !

<- A côté de la récolte du riz, un villageois travaille le bois pour fabriquer l'outil qui sert à creuser des tranchées. Les semences de riz y sont ensuite enfouies pour donner de beaux épis quelques mois plus tard.

 

 

Les femmes récoltent tranquillement le riz. A cette vitesse elles en ont pour un moment. A l'aide d'un couteau, elles coupent chaque brindille, enlèvent la feuille et passent à la suivante. Comme il y a des champs à perte de vue, c'est un travail de titan ou de fourmis !

 

 

Quand le tas est assez gros, on le ficelle avec une feuille entortillée et on le fait sécher au soleil.

 

 

Après la visite de quelques cultures locales et le ramassage de feuilles de cocotier pour améliorer le campement de Nioumoune, nous rebroussons chemin avec la pirogue.

Elle doit servir le lendemain pour un trajet médical vers l'ouest ! Nous nous arrêtons donc de l'autre côté du village qui est accessible par un nombre incroyable de bolongs. A partir d'ici le trajet du lendemain sera beaucoup plus court. Par contre nous nous sommes trompés d'entrée et sur la photo on nous voit rebrousser chemin car il n'y a pas moyen de passer, même en force !

 

 


C'est Pierrot qui nous ramène jusqu'au bateau car nous sommes partis directement en pirogue ce matin et il n'a pas voulu qu'Antoine rentre à la nage pour aller chercher l'annexe. On emprunte donc une petite pirogue en bois sur le rivage, un morceau de planche pour faire une rame et c'est parti vers Madéo.
C'est plutôt instable, surtout à trois et sans habitude.
Hélène est terrorisée à l'avant. Assise dans le fond,
elle se cramponne à chaque rebord et ne dit plus un mot.

 

 

 

 

Vendredi 21 novembre : la récolte du riz c'est un événement important pour les Diolas

Le lendemain nous faisons une séance photo pour le site web du campement de Hyacinthe. Antoine prend le bâtiment sous tous les angles et demande aux autres de se placer tantôt à droite, tantôt à gauche pour mettre un peu de vie sur les photos.
Ils sont très coopérants, on sent que Hyacinthe a très envie que cela marche !

 

 

 
Nous avons ramassé des pains de singe à Haere. Pierrot nous donne la recette pour faire du jus buis, un sirop que Samuel a goûté au restaurant à Dakar mais qui n'était pas terrible ! On tente tout de même l'aventure et le résultat est plutôt bon mais il faut une grosse quantité de fruits pour faire un jus bien goûtu !  
Une petite visite du village nous fait passer par le Bombolong. Outil de communication, c'est un véritable rituel. Hyacinthe n'ose pas taper dessus pour une démonstration car tout le village se demanderait ce qu'il se passe et il prendrait une sacrée correction.
Seule une famille peut et sait taper sur le bombolong, elle s'occupe de toutes les communications et à ses propres rythmes pour chaque cérémonie. Les autres villages ont également leurs propres airs ce qui fait que dès que l'on entend la musique on sait d'où cela vient et ce qu'il se passe.

 

 

 

Petit repos sur la terrasse du campement. La table est très originale, c'est une coupe d'un arbre avec les arrondis d'origine !

 

 

La récolte du riz à Nioumoune est un sacré cérémonial. On ne travaille pas seuls... C'est tout le quartier qui se rassemble pour aider une famille à récolter l'une de ses parcelles. A partir de 15h, une trentaine de personnes se retrouvent dans les champs, il y a quelques vieux, quelques jeunes, peu d'hommes et beaucoup de femmes, sans compter les enfants qui font aussi leur part de travail.

Tous en rang, ils coupent chaque tige et en font un tas. Quand celui-ci est assez gros, les jeunes les récupèrent et les ficellent, puis les vieux coupent les tiges assez court et entassent le butin.

Bien sûr, une grosse cruche de vin de palme est à la disposition de tous.

 

 

Ensemble ils entonnent les chants des cérémonies funéraires et racontent des histoires sur le passé de leurs pères. Chaque parcelle appartenait à quelqu'un de particulier et donc à chaque parcelle on apprend l'histoire d'une nouvelle famille. C'est un moment obligatoire pour tout Diola car on y apprend beaucoup sur la vie.

A la fin de la récolte, le propriétaire remercie l'assemblée en proclamant haut et fort un long discours.

Ainsi, une dizaine de parcelles pourront être récoltées avant la soirée. Et cela recommencera dès qu'un membre du quartier demandera de l'aide !

 

Portraits

 
 

 

 

 

   

Samedi 22 novembre : nous carénons Madéo

Il est temps de gratter Madéo car sa fourrure le chatouille !

Nous avons entendu dire que beaucoup de bateaux ont caréné ici en s'échouant sur la plage (enfin la plage façon de parler !) Les coquillages nous dévorent, ici cela pousse très vite ! Et pour rejoindre le Cap Vert, il serait vraiment bon de refaire une beauté à notre cheval.

On se renseigne donc sur l'endroit exact, nous calculons la marée et déterminons l'heure idéale. Marée basse à 16 h et coefficient presque à son maximum (100). Nous allons donc échouer Madéo vers 10 h en nous présentant droit vers la rive à très faible allure. Touché !!! Madéo s'arrête et nous voilà posés. On s'amarre à un arbre devant, on double avec l'ancre et on mouille la deuxième ancre droit derrière que l'on tend au maximum. Madéo ne bougera plus !

Petit à petit le niveau baisse et nous frottons au fur et à mesure car les coquillages s'en vont très facilement quand ils n'ont pas le temps de sécher. On va aussi vite que la marée mais l'arrière reste difficile à atteindre car la pente de la plage est raide et le bateau s'incline vers l'arrière au fur et à mesure que le niveau de l'eau baisse.

On pensait changer notre anode moulée à Dakar mais nous n'aurons jamais assez de marée pour découvrir l'hélice qui plonge toujours plus profond. Quand l'arrière touche enfin, on ne voit pas l'hélice dans l'eau toute trouble. Tant pis pour l'anode.

 

 

Petit travail d'époxy sur quelques cicatrices à l'avant : Nous avons repéré quelques petits éclats sûrement provoqués par des branches dérivantes dans les bolongs. C'est le moment de les réparer. On rince bien à l'eau douce, on laisse sécher, on applique trois très fines couches d'époxy en forçant sur le durcisseur car le temps nous est compté et on fini par une grosse couche d'antifooling au dernier moment. Le résultat au Cap Vert sera impeccable car les retouches seront invisibles.

On profite du reste d'époxy pour marquer la chaîne tous les cinq mètres de deux larges marques blanches. Les serre-câbles en plastique ne sont pas assez visibles quand on file de la chaîne rapidement. Par contre, ils sont très utiles pour savoir la longueur mouillée ou restant à relever.

Madéo flottera avant la tombée du jour et nous mouillerons l'esprit tranquille. On pensait vraiment ne pouvoir se le relever que de nuit mais une fois de plus la marée n'a pas suivi nos prévisions : un peu en avance aujourd'hui.

 

 

la suite : retour à Ziguinchor... avant | après
retour page escales