Cap Vert : Boavista avant | après
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Date d'arrivée : lundi 1 décembre 2003, 17h00
Date du départ : mardi 9 décembre 2003, 18h00


Lundi 1 : nous nous arrêtons au sud de l'île
La fin d'après-midi arrive et nous sommes au sud-est de Boavista, encore bien loin du mouillage principal de Sal Rei, situé au nord-ouest de l'île.
Le livre "Îles de l'Atlantique" indique un mouillage possible au sud de l'île, la plage de Santa Monica, accessible de janvier à mars, protégée de la houle mais fort exposée au vent et aux rafales.
Nous mouillons donc devant la belle plage de Santa Monica, 16 km de sable fin. Nous sommes tout seul ! Impossible de débarquer en annexe car de grosses vagues s'écrasent sur la plage. Nous mouillons une bonne longueur de chaîne, la mer est presque plate, mais ça souffle très fort. On s'endort bien vite en écoutant les vagues sur la plage.

 

 

 

Mardi 2 : on repart pour Sal Rei
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Grasse matinée le lendemain matin. On se repose un peu de notre traversée depuis la Casamance. Puis assèchement du bateau !!! Et oui, la vanne d'évacuation d'eau de la cuisine est restée ouverte un peu trop longtemps pendant la navigation. on vide toutes les canettes de Coca, de Sprite, l'huile, le vinaigre, les jus de fruits. Trois compartiments sont trempés d'eau salée. On rince tout à l'eau douce, on sèche et on remet en place.


Il est déjà 14 h 00 quand nous levons l'ancre. Il est grand temps car nous arriverons au mouillage de Sal Rei à la tombée de la nuit. On a été un peu optimiste !

Hélène prend la barre tout le long du sud de l'île. C'est très agréable, on est au grand largue, le bateau avance à 6 noeuds sans faire un bruit.

Lorsqu'il faut remonter au près plein nord, c'est une autre histoire, d'autant plus que le vent a forci et qu'une bonne houle nous y attendait.
On remonte au moteur, grand voile et trinquette bordées pour stabiliser le bateau sur les vagues. Antoine est à la barre avec son attirail de cirés, Hélène s'est réfugiée à l'intérieur et pointe le bout de son nez de temps en temps pour indiquer les amers : une cheminée de brique rouge, une ruine,...

En effet, la navigation se fait à vue : les cartes sont décalées d'un demi mille sur la gauche par rapport au point GPS et on ne peut pas se fier au compas car il y a des anomalies magnétiques autour de l'île. Un récif pas non balisé, l'English Reef, se trouve sur la route du mouillage.

De loin, on ne distingue pas l'Ilheu de Sal Rei de la côte de l'île située derrière. Enfin, à moins d'un mille dans la grisaille, on aperçoit des mâts mais toujours pas d'îlot. Puis les mâts disparaissent derrière une côte ! Là il y a souci !!! On se trompe quelque part... En fait on longe l'îlot que l'on avait toujours pas dissocié de la côte. On se dirige vers lui, puis on le contourne par le sud pour enfin voir apparaître une petite dizaine de bateaux au mouillage.

Il était temps, on mouille à la nuit tombée du jour.

 

 

 

 

Mercredi et jeudi : visite de la ville

 

Madéo au mouillage devant la longue plage de sable blanc de Sal Rei. Beaucoup de monde a quitté Boavista aujourd'hui, il ne reste que quatre bateaux dont Compay et Zed avec qui nous allons passer une bonne partie de notre séjour au Cap Vert.

 

 

On gonfle l'annexe pour la reconnaissance habituelle de l'île.

La ville de Sal Rei n'est pas très animée. Un ou deux restaurants, un cybercafé, plusieurs mercaria (merceries) et un marché couvert relativement bien approvisionné (enfin pour une île de 3000 habitants).
Les cap verdiens sont très calmes. Ça change des sénégalais surexcités. Par contre, peu parlent français, on a plus de mal à se faire comprendre.

 

 

 

 

Au fond on aperçoit la pointe nord-ouest de Boavista : déserts de cailloux et dunes de sable à perte de vue. Nous sommes tout juste à la sortie de la ville.

 

 

 

Tout le monde débarque sur la plage en face du mouillage, devant les centres de planche à voile et de plongée tenus par le champion du monde de kit-surf. On traverse la ville tranquille puis on rejoint l'annexe à pied le long de la plage.

Ci-contre, la plage aux abords du centre de planche à voiles : ce sont de jolies dunes balayées par le vent.

 

 

 

Le sable est tout chaud.

Au retour de la ballade, on prend à terre l'apéro de départ de Kadavu, le catamaran Outremer de Geoffroy, Yannick sa femme et leurs trois enfants. Ils filent vers Mindelo, peut-être se retrouvera-t-on là bas !

On sympathise avec les autres équipages, l'un belge, l'autre suisse :
- Sophie, Gérald et leurs deux enfants, sur Zed, un autre catamaran Outremer,
- Eric et toute une bande de jeunes qui naviguent sur Compay, un Elan 40 (Elan fabrique aussi des skis). Ils font tous partie d'une association de voile de Genève: Pascal, Laurent, Julien et Pascale sont en "stage" sur le bateau d'Eric et font valider des milles, nécessaires à l'obtention du permis de navigation suisse.

 

 

 

 

Vendredi 5 : visite de l'île en 4 x 4
Avec Pascal, Laurent, Julien et Pascale, nous avons choisi de visiter l'île dans un aluger (pick up qui sert de transport en commun) avec un chauffeur et une guide.
Les routes sont toutes constituées de pavés.

 

 

La route s'arrête et on continue dans les pistes. On traverse de grandes étendues de pierre.

Il n'y a pas de cartes de l'île et ni de panneaux sur les pistes. Il faut vraiment connaître pour accéder à certains endroits.
Ci-contre, un oasis et Antoine qui ne perd pas une occasion de ramasser son sable !!!

 

 

Village de pêcheurs au sud de l'île, près de la plage de Santa Monica, habité à la bonne saison.

Il y a quelques semaines, les vagues sont passées au-dessus des dunes de la plage. L'eau s'est évaporée et la saline s'est formée.

 

 

 

La jolie plage de Santa Monica, notre premier mouillage sur l'île. Nous nous retrouvons seuls sur la plage de 16 km. On comprend mieux pourquoi c'est si désert. Il faut en vouloir pour y venir et l'endroit est protégé, donc pas de construction touristique dans le coin. C'est réservé aux tortues !
Aucun bateau au mouillage.

 

 

 

 

Antoine dans les vagues surfe sans planche... un vrai plaisir !!! Illustration de la difficulté du débarquement en annexe !

 

 

 

Un village à l'est de Boavista.

 

 

Retour par le nord de l'île.

Boavista compte 2 villes et 2 villages. Il y a 3 100 habitants au total sur l'île. Une bonne partie est protégée. Par exemple, il est interdit de construire maisons et hôtels sur la plage sud de Santa Monica, car les tortues viennent pondre.

Chaque île du Cap Vert est aidée par un pays européen ou par les Etat-Unis pour Brava. Vu le nombre de pizzerias sur l'île, Boavista doit être soutenue par l'Italie.

Les quelques oasis de l'île fournissent un peu de fruits et légumes, mais il faut apporter le reste par ferry, ainsi que riz, farine, oeufs, viande.
Lors de notre séjour, les habitants étaient à cours de farine et attendaient le cargo pour vendredi ou lundi. Il n'y avait plus de farine sur l'île, donc pas de pain, pas de pizza ! La dernière livraison datait d'un mois.

Et quelques jours après le passage du ferry, il n'y avait déjà plus de farine (pour nous). Hallucinant !

 

 

 

 

Dernière étape avant de rentrer : le désert intérieur de l'île. On surfe sur les dunes de sable tout fin. On est le 5 décembre !
Glissade sur le ventre, surf des sables, enfouissement, on peut tout faire dans ce désert.

 

Nous invitons l'équipage de Compay à un apéro sur le bateau. Puis nous sommes invités à dîner sur Zed, Gérald a ramené de sa chasse une belle seiche. Un délice.

 

 

 

 

Samedi 6 : plongée dans l'épave

Nous filons de bon matin vers une épave de la baie, la poupe et la proue sont hors de l'eau, le pont supérieur à 3 mètres de profondeur, la coque à une dizaine de mètres.

C'est notre première épave. Elle est vraiment impressionnante, on visite les pièces accessibles. Il y a plein de poissons et... quelques langoustes !

 

 

 

En fait, Antoine a vu depuis la surface une dizaine d'antennes. Nous avons pu récupérer trois langoustes, les autres se sont cachées au fond de leur trou. On les laisse pour les prochains.

Nos trois premières langoustes seront dégustées à la mayonnaise. Un délice.

 

 

Un peu de poisson pour accompagner, dont LE PREMIER POISSON D'HÉLÈNE ! Devinez lequel !
Le rouge bien sûr. C'est un poisson soldat
Antoine ramène un sar argenté et un chirurgien. Pas terrible car il y avait de très belles pièces dans l'épave, dont de gros mérous qui ont fleureté avec la flèche.

 

 

 

 

Vue sur l'Ilheu de Sal Rei depuis la plage. A gauche, cata Zed. L'eau est plutôt transparente mais pas autant qu'elle n'y paraît.

 

 

 

Vue de Boavista depuis l'îlot. A droite, le mouillage.

 

 

Antoine sur l'îlot en reconnaissance de coin de chasse sous-marine. Il a oublié ses chaussures au bateau et danse sur les chardons ! C'est pas rigolo. Il y a des épines partout et la balade en sera bien raccourcie !

 

 

<-- Eric, le skipper de Compay.
Nous sommes invités à dîner, au menu, sabre à la plancha. Un délice !
Eric est un cuistot hors pair, on aura l'occasion d'en reparler !

Le repas est bien arrosé et se termine par un grog, l'alcool de canne à sucre du Cap Vert, avec du miel de canne, la mélasse.

Antoine abuse peut-être un peu trop du grog...
Laurent et Pascal boivent pas mal aussi, et Eric ressert le grog s'en s'oublier.

 

 

 

 

Dimanche 7 : Antoine encore malade...

...le lendemain, Antoine est encore dans le grog ! Il y restera deux bonnes journées. Capricieux son ventre !

Hélène part donc chasser en fin d'après midi avec Julien et Pascal à l'ouest de l'îlot.
Le coeur gros, Antoine les laisse partir.

Pascal et Julien ont confectionné un lasso à langouste qu'ils ont déjà testé ce matin sur l'épave et au nord de l'îlot. Sans succès.

Nous en sommes à la dernière tentative avant le coucher du soleil.
Pendant ce temps, Antoine a regardé deux films en DivX et se sent beaucoup mieux.
Toujours pas de langouste !

 

 

 

 

Lundi et mardi : réparation et départ pour Sao Nicolao

Il est temps de commencer la longue liste des choses à faire avant la traversée. On commence par redresser la tige du régulateur d'allure.

Suivent :
Entretien général des manilles, mousquetons et cadenas.
Vérification des cadènes et des haubans.
Contrôle du moteur (filtres, courroies, turbine, niveaux).
Amélioration du système de fermeture du frigo et des contacts du transfo 12V/220V.

 

Zed est parti depuis quelques jours, puis les autres bateaux. La houle s'est levée avec le vent. Les voiliers partent en surf sur les vagues. On commence à doubler un cata qui s'est posé devant nous. Là, ça craint !!! On sort de nos cabines, on se regarde et il ne paraît pas plus affolé que cela. Il va devoir bouger car il est arrivé après ! Deuxième avertissement et le voilà qui commence chasser (l'ancre dérape et il recule). On lui fait comprendre la situation et il se décide à relever le mouillage. Mais c'est pas gagné, le moteur hors bord de ce petit cata ne démarre pas. Alors ils partent avec l'annexe mouiller une deuxième ancres. Tout content, le skipper vient nous voir et nous dit que ça va être bon, il ne bougera plus ! Le problème est toujours le même pour nous, on est vraiment proche et quand une vague se présente bien on part en surf l'un après l'autre en se disant bonjour de près. On décide de bouger nous-même et de nous écarter de tout le monde en eau plus profonde : les vagues passent sous la coque et Madéo ne part plus en surf.

Mardi après-midi, tout le monde a déserté l'endroit, il ne reste que Compay et Madéo au mouillage. Ce soir nous partons, il ne restera plus personne !

 

 

 

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