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| Date d'arrivée : mardi 16 mars,
8h00
Date du départ : jeudi 18 mars, 8h00
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| nuit du 15 au 16 mars : de Saint-François
à Falmouth Harbour, 60 milles |
La sortie de la passe
se fait aux instruments, merci GPS et cartes électroniques.
En avant pour une première navigation de nuit.
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Il faut remonter face au vent pour
doubler la Pointe des Châteaux à distance respectable
de la côte pour éviter les surprises et les bouées
des pêcheurs. Le Volvo pousse le voilier bien stabilisé
dans la houle et la gîte par la grand voile serrée
au près. La Désirade au loin avec ses lueurs nous
indique le cap avant que l'on ne la laisse sur notre droite, une
fois la Pointe passée.
Antoine n'est pas du tout rassuré car deux bouées
de casiers viennent de caresser la coque. Elles sont toujours par
deux et un bout flottant les relie. Si nous passons entre, le bout
passera sous la coque et viendra se coincer dans une dérive,
dans l'hélice ou dans le safran ! Pour le moment pas de problème,
mais il suffit d'un coup de malchance pour se retrouver à
la dérive. La Pointe des Châteaux se ferait alors un
plaisir de nous dévorer !!!
Antoine descend à la table à carte, contrôle
notre avancée, remonte, règle le bateau et redescend.
Enfin, nous pouvons couper le moteur et changer de cap.
Le génois bien gonflé, deux ris dans la grand voile
et c'est parti pour les 60 milles nous séparant d'Antigua.
Repas sandwichs-Catherine et eau, il faut être clair à
défaut d'y voir !
La météo nous a gratifiés de "vents frais,
creux de 2 m 50 avec en prime quelques grains".
Lesquels d'ailleurs ne tardent pas à renforcer notre allure
avec l'accélération du vent. Les Mustos, vêtements
de marins sont enfilés prestement (enfin presque pour Richard
qui emprunte celui d'Hélène…).
On s'habituerait aux déferlantes venant de tribord arrière,
elles sont sympathiques puisqu'elles poussent le bateau qui part
en surf. Mais une pas sympathique du tout vient de tribord toute
et surprend le capitaine et son moussaillon quelque peu somnolant.
Bien sûr, les Mustos étaient ouverts et c'est une lame
qui nous passe par-dessus, déversant pour chacun au passage
quelques centaines de litres, le tout sur avec une gîte limite.
La trappe d'entrée étant restée ouverte, la
cabine a également droit à la petite fête et
des bruits de vaisselle laissent augurer quelques dérangements.
Voilà, trempés des pieds à la tête, il
sera dur de se réchauffer sur le pont.
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Une autre difficulté pour le néophyte Richard –
mais les marins ont certainement des solutions – est de se
libérer la vessie : en premier, se blottir au fond du caisson
pour neutraliser le harnais, ensuite, enlever le Mustos sans braguette,
remettre le harnais sur le caleçon, sortir de la coque et
se placer dans le bon sens du vent (important pour le reste des
vêtements !), s'appuyer sur le bastingage et s'accrocher d'une
main à ce l'on trouve pour compenser la gîte et la
houle. Mais là, l'opération n'est pas terminée
puisqu'il faut se décontracter et se concentrer sur l'opération
- et c'est le plus difficile - afin que les muscles libèrent
enfin l'organe de son liquide encombrant. Soulagement suprême.
Habillage inverse, harnais et une bonne demi-heure de passée.
Hélène relève Antoine et c'est Papa et sa
fille qui tiennent le cap. Rétrospectivement, Richard n'aurait
jamais imaginé cette situation un jour : de nuit, sur un
voilier dans des creux de 2 mètres, naviguant vers Antigua,
île inconnue jusqu'alors … Comme quoi tout peut arriver.
Cet intermède émotion passé, Antoine seul maître
à bord vient reprendre les manoeuvres d'approche de la nouvelle
terre. La lune venait juste de dévoiler son croissant à
la Pierrot sur tribord arrière, un cargo est passé
venant bâbord très loin devant, Catherine dort dans
la cabine du sommeil de la juste, et le jour pointe sur Antigua.
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| mardi 16 mars : arrivée de bon matin |
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Réveil général
des troupes : on arrive !
Antigua est vraiment fâché avec les balises vertes,
seule la couleur rouge indique la passe d'entrée. On
se frotte les yeux, on cherche une petite place dans cette immense
baie déjà bien chargée. De beaux voiliers sont
mouillés de chaque côté du chenal. Au fond c'est
une forêt d'arbres géants !!! Intriguant...
On trouve un petit coin à l'écart, merci Madéo
pour ton faible tirant d'eau (photo ci-dessous) ! Mouillage idyllique.
Une heure de récupération salvatrice pour le mousse
et l'équipage débarque pour les formalités.
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| Nous accostons à
la marina. De luxe !!! Il n'y a pas de voilier de moins de 20 m ici.
La moyenne étant dans les 60 m, nous sommes subjugués
par cette première entrevue... Antoine a sortit polo et pantalon
blanc pour les formalités. Notre annexe semble ridicule à
côté de ces voisines : quelqu'un a réussi à
mettre 225 chevaux sur son semi-rigide... C'est la démesure
partout !
Ambiance "So British" conservée pour cet Etat
indépendant depuis 1981, qui affiche clairement ses intentions
: "Land of sea and sun".
On pourra ajouter "Land of money" aussi !
Séquence Internet au port pour mailer quelques nouvelles
et récupérer les nôtres. |
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Séquence formalités pendant ce temps : Antoine rempli
les papiers à côté du skipper de "Romana".
Ce dernier sort des feuilles imprimées en couleur avec la
liste de l'équipage. Nous croiserons ce bateau par la suite
dans le port : un yacht de 60 m brillant aux éclats. "Nous
restons un jour et nous voulons passer par Antigua nord puis Barbuda
" s'explique Antoine. Apparemment il embête le monde
car les douaniers ne veulent pas lui indiquer la procédure
à suivre. Ils ne veulent pas non plus lui prêter un
stylo pour remplir les formulaires ! Son voisin a sorti son Mont
Blanc en or, "nous n'avons pas les même valeurs, mon
cher" ! Un des douaniers craque, tend son stylo et explique
que l'on pourra faire la sortie à Barbuda et que l'on peut
naviguer comme on le veut à présent dans tout le pays.
Deuxième bureau : pour payer les taxes. Antoine sort ses
papiers et les tend au jeune homme.
- "77 mètres et combien de personne à bord"
- "Comment ! Non, non, nous ne sommes que quatre et le bateau
fait 11 mètres"
C'est tellement normal pour eux de voir des grosses unités
! Nous devons donc payer une taxe d'entrée dans le territoire,
une taxe pour chaque personneà bord et une dernière
car nous sommes ancrés dans l'une des baies payantes de l'île.
Montant : 30 dollars. |
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~ Les voiliers de luxe : compter quelques
dizaines de millions d'euros... ~
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De retour dans la baie de Falmouth, nous décidons de faire
le tour des pontons pour observer de plus près la forêt
d'arbres géants. Environs 35 m celui tout à droite,
donc 40 m le deuxième, 50 m le troisième, 55 m le
quatrième, 70 m le dernier... De tous pays, des monstres
des mers, des voiliers de course, d'apparat, princier d'Espagne
(le gris), des vieux gréements. Et l'apogée
du rassemblement pour fin avril, pendant la semaine d'Antigua, pour
ce Saint-Tropez local puisque les yachts ne sont pas en reste. |
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La forêt tropicale...
Nous avons déjà fait connaissance avec le bleu à
gauche. Pour ceux qui suivent c'était à Bequia dans
les Grenadines. Il nous paraissait énorme et presque unique
à l'époque. Le voici perdu dans la masse... |
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Mari-Cha IV, un voilier de course impressionnant. Equipage français
sur ce pur-sang.
Détenteur du record de vitesse en équipage dans l'Atlantique
Nord.
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Et puis quelques oeuvres d'arts...
Pont en teck, cordages bien lovés, pièces en cuivres
et inox lustrées, rien ne traîne, rien ne dépasse,
ces petits bijoux sont bichonnés par l'équipage. |
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Les siestes achèvent tranquillement la journée non
loin du luxe à l'état pur. |
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| mercredi 17 mars 2004 : les 26 ans d'Hélène
!!! |
| Grand jour pour Hélène
et ses 26 printemps, souvenirs pour Catherine pour son premier accouchement,
coup de vieux pour le doyen Richard, mais heureux tout comme la
réjouissance d'Antoine à fêter l'événement.
Les jeunes mariés décident de rester sur le voilier
pour maintenance et rangements, les anciens mariés vont donc
partir seuls à la découverte de l'île.
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Galère pour les poubelles
du bord, puisqu'elles sont promenées une bonne heure
avant qu'un container de restaurant veuille enfin les accueillir
discrètement.
Les véhicules, 100 % japonais, ont leur volant tantôt
à droite, tantôt à gauche, mais la circulation
est à gauche ; sur les plaques d'immatriculations,
la devise : Antigua, le pays de la mer et du soleil.
Le musée – gratuit – Nelson's Dockyard
est fréquenté principalement par les Américains
et les Anglais, pas ou très peu de Français.
Il retrace la présence des Sujets de sa Majesté, emmenés
par l'amiral Nelson aux 18/19 ème siècle dans
la suprématie des îles Caraïbes au détriment
des autres Espagnols, Portugais, Hollandais et Français.
Il remémore aussi l'importation massive des esclaves
africains dans des conditions inimaginables.
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Quelques marchandages en langue
anglaise plus ou moins réussis pour tee-shirt, polo, robe,
chapeau et autres colliers. Paiement suivant l'endroit en
dollars US ou en dollars Caraïbes. De quoi s'emmêler
vite les pinceaux avec les conversions euros ou francs.
Ravitaillement pour la fête de ce soir, avec vins chiliens,
les français étant inaccessibles, fruits, poulet et
bacon.
Photos des super voiliers amarrés pour Antoine qui voudrait
en faire profiter les adeptes du site...
Pendant ce temps, les jeunes mariés s'enfoncent dans le
moteur pour une vérification partielle du matériel
: niveau des batteries, huile, essence, nettoyage des pré-filtres
et de la gatte moteur. |
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Des cadeaux de toute
la famille, Anne, Rémi, Papy et Mamie, Papa, Maman, Antoine
avec les essayages obligés et la revue de mode dans l'allée
centrale.
Rhabillée pour l'hiver, Hélène (pardon, pour
l'été). Deux belles bougies blanches tropicalisées
sur le gâteau au chocolat-Madéo plus salade de fruits
du terroir. On chante, on tire les oreilles et on s'embrasse.
Le clou de la douce soirée antiguaise : une séance
récapitulative photos numériques sur écran
COMPAQ de la semaine passée ensemble. Rien de tel pour s'endormir
aussitôt après. |
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~~ Le défilé de mode ~
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| jeudi 18 mars : départ pour le Nord
d'Antigua... |
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Ca passe, ça passe
très vite, déjà la moitié du séjour.
On quitte English Harbour, on part les beaux bateaux et le Nelson's
Dockyard, il n'y a pas grand chose à voir. Et on nous a parlé
du nord d'Antigua, superbe et très peu fréquenté... |
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