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| Date d'arrivée : samedi 20 mars,
12h00
Date du départ : lundi 22 mars, 16h00
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| samedi 20 mars : navigation vers Barbuda |

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Le nord d'Antigua un
véritable champ de mine ! Chaque navigation nous fait slalomer
entre les coraux... Long Island, Great Bird Island, c'est maintenant
la plus serrée des passes qui nous attend : Little Bird Island
Channel !
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Le voyage continue donc vers Barbuda,
à 30 milles au nord. Dans le lagon, une grosse tortue nous
accompagne un moment trop court pour apprécier toute sa grâce.
Le passage de la barrière est délicat. Antoine à
la barre écoute les deux sources d'informations : Hélène
est à la table à carte et Richard est à l'avant
pour surveiller les pâtés de coraux. Le début
se passe bien, nous suivons scrupuleusement la carte. Les derniers
mètres nous réservent une belle surprise ! Richard
annonce des coraux droit devant ! Antoine demande à Hélène
de confirmer la route.
- "Tout droit c'est bon, continue comme ça !
- Richard tu es sûr ?
- Ça ne passe pas devant sûr !!!
- Hélène, où est la passe ?
- Devant je t'ai dit...
- Antoine, il y a des coraux en dessous de nous, on ne passera pas
ici !"
Antoine jette un coup d'oeil par-dessus la filière et fait
demi-tour sur place ! Les coraux sont vraiment très proches,
la coque doit les frôler... Prière rapide pour éviter
tout ce qui menace Madéo. Nous avons tourné le dos
au danger mais les fonds sont encore très proches. Belle
frayeur !!! Nous étudions à nouveau la carte : ou
nous changeons de passe ou nous persistons en cherchant une brèche
dans ce récif.
C'est trop bête de repartir juste devant la sortie. Nouvelle
tentative. Nous ne naviguons plus qu'à vue !
Deuxième tentative. A l'approche du dernier reef nous obliquons
sur bâbord en suivant les bleus profonds. "C'est mieux
par ici, on peut essayer de sortir!". 14 m, 12 m, 8 m, 6 m,
puis stabilité... Nous quittons le lagon. |

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La haute mer est désordonnée dans des creux courts
de 3 mètres. Le hissage de la grand voile par vent debout
relève de l'exploit sur un bateau partant dans tous les sens.
Richard et Hélène s'y collent. Antoine les observe
monter et descendre sur les vagues. Heureusement nous n'enfournons
pas !
Sitôt les voiles gonflées, nous mettons le cap sur
Barbuda. La navigation se fait au-dessus d'un plateau : 20 mètres
de fond, parfois moins pendant 30 milles. A nouveau du portant et
20 noeuds de vent pour propulser Madéo sur une mer assez
calme.
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Bonne navigation donc,
à 6/7 noeuds, et surtout la première sans grain.
Les 30 milles sont parcourus dans la matinée.
Nous arrivons prêt des côtes de Barbuda, les lignes
tirées à l'arrière sont restées
muettes. Tout à coup Hélène s'écrie
:
"Un poisson, un poisson, la ligne vite !".
Une bonite vole derrière Madéo... Elle n'était
pas seule, nous avons la chance de rencontrer un banc de thons et
hop, une deuxième bonite attrape le poulpe de la seconde
ligne. Immédiatement sous le couteau d'Antoine, qui a vite
fait d'en tirer les filets. |
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Arrivée sur Barbuda et son
interminable plage de sable blanc qui donne à l'eau une couleur
turquoise inimitable.
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Derrière la langue de sable et de terre, il y a le lagon,
une grande étendue d'eau.
Pour faire ses formalités à Codrington, il faut porter
l'annexe et traverser le lagon pour rejoindre la capitale sur l'autre
rive : 2 milles. |
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| Trois voiliers au mouillage sur 15
kilomètres, on ne se battra pas pour la place ! Baignades,
balades sur la plage déserte, coquillages. Pour les crustacés,
on verra plus tard. |
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La lecture de la notice
du moteur hors-bord confirme le diagnostic, la goupille de sécurité
a sauté...
Réparation de la transmission, douches eau douce sur le
pont, perroquets et thons bonites découpés crus à
la tahitienne ( lait de coco, sel, poivre, citron vert ) agrémentés
de flageolets : sûr, aucun chef n'a encore pensé
à une telle recette.
La nuit, noire et sans lune, permet une découverte impressionnante
d'étoiles.
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| dimanche 22 mars : à la recherche des
coquillages |
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El Nino doit maintenant avoir traversé l'Amérique
pour déstabiliser les Caraïbes : ce matin, c'est
bruine typiquement bretonne, ciel couvert purement vosgien et succession
de grains exclusivement barbudiens. Le petit déjeuner s'éternise
donc dans le carré sur fond de musique Rasta Bigoude, à
l'abri des précipitations et du vent frisquet.
Le soleil fait son apparition en milieu de matinée et l'équipage
part aussitôt sur Low Bay, la plage déserte interminable.
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Madéo dans son
élément.
Le ciel s'est tout à fait dégagé. |
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Les sacs se remplissent vite de
coquillages dont plusieurs lambis.
Le sable est rose. Des milliards de petites coquilles lui donnent
cette couleur magique. Antoine et Hélène puiseront
de cette teinte quelques kilos.
Retour à l'annexe lourdement chargés et après
la partie gauche de la plage, nous explorons la partie droite. |
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Le nord de Barbuda est une réserve ornithologique. On voit
surtout passer des pélicans (ci-dessus) et des frégates. |
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Côté lagon, la mer est déchaînée...
Des moutons envahissent l'horizon et empêcheront l'annexe
de Madéo de nous emmener faire les formalités de sortie.
2 milles avec le vent de face et un petit 2 chevaux, c'est presque
impossible... En tout cas ce ne sera pas pour nous ! Nous allons
commencer à imaginer notre plan de bataille pour ne pas faire
la sortie à Barbuda et retrouver la Guadeloupe sans problème. |
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Un catamaran s'est
posé sur le sable coté mer, déversant ses touristes
américains sur l'étroite bande de terrain donnant
sur le Codrington Lagon. Après une visite du lagon, ils traversent
la langue de sable et rejoignent la mer des Caraïbes. Coup
de corne de brume et tout le monde remonte à bord.
Catherine a oublié l'écran total sur le dos et les
cuisses... D'écarlates coups de soleil apparaissent vite.
C'est le début de plusieurs jours de souffrance et de cache-cache.
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Nettoyage, exposition,
tri et séchage de nos trésors. Madéo a pris
quelques kilos !
Pendant ce temps, Catherine rougit, rougit,... A l'apparition
des premières cloques, deux tubes de Biafine hydratent la
peau brûlée. Le refuge, c'est l'intérieur du
bateau, bien aéré.
Les soins au voilier ne sont pas oubliés et Antoine, Hélène
et Richard nettoient à l'éponge en apnée
toute la partie immergée de la coque des anatifes, coquillages
et algues qui s'y développent ou s'y accrochent.
Soirée calme, les voisins sont partis ( ceux qui étaient
à deux kilomètres de Madéo ) et les plus proches
maintenant sont à peine visibles !
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| lundi 22 mars : un requin vient nous rendre
visite !!! |
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| L'endroit est
tellement plaisant que l'on a décidé de rester
une journée supplémentaire. Ce matin, petit grains
encore et un vent venant d'ouest qui pousse Madéo sur
la plage : c'est bizarre, voilà maintenant que les
alizés soufflent en sens inverse !!!
Catherine garde le voilier, veille à ce que tout se passe
bien à bord et soigne ses coups de soleil à grand
renfort de tubes de Biafine.
Le reste de l'équipage se transporte en annexe sur
le reef à la limite de la haute mer à un mille du
voilier (photo de droite). Le plein est fait et la réserve
de carburant embarquée par sécurité. |
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Le coin est très sauvage et dès les premiers coups
de palmes, se sont les raies noires qui nous honorent de leurs déplacements
gracieux.
En fin de plongée, Antoine tire quelques poissons, en confie
un à Richard pour le ramener à l'annexe quand soudain,
en face de nous, à trois mètres, un requin ! On refait
surface en agitant les bras, un requin, un requin !!! Antoine et
Hélène sonnent la fuite, considérant que les
poissons tirés les attirent. Sauve qui peut sur l'annexe.
A ce jeu, c'est Hélène la plus prompte, Richard fermant
le repli. Quitte à une belle peur.
Pourtant, le soir, à la lecture de livres spécialisés,
le requin de corail, attaque très rarement l'homme, et quand
il le fait, c'est pour en prélever un morceau pour goûter
! Et comme la chaire humaine ne lui plait pas terrible, il abandonne
sa victime blessée. Les poissons sont écaillés
et vidés sur la plage… par sécurité et
un court bouillon sauce ail, oignon, épices nous teindra
trois repas. |
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| A notre retour, Catherine fait sa
petite nage autour de Madéo. Le fer à cheval qui sert
de bouée de secours trouvera une nouvelle utilité !
C'est un brise-lames extra qui permet à Catherine de nager
sans recevoir de l'eau dans les yeux à chaque mini-vague. En
plus, il lui permet de profiter beaucoup plus longtemps de l'eau si
chaude en économisant ses forces. |
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Dommage, on quitte cette plage idyllique
car le retour sur la Guadeloupe a sonné et d'autres découvertes
nous attendent.
Départ sans moteur, chapeau la manoeuvre, et régate
au près à quelques dizaines de mètres de la plage
; au loin de grosses vagues nous promettent une sortie sérieuse
sur la haute mer : eh non c'étaient juste des déferlantes
sur les hauts fonds. |
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Le vent nous fera défaut
sur la traversée : Navigation tranquille à 3 à
4 noeuds avec des alizés entre 10 et 15.
On laisse Antigua sur notre gauche dans la nuit, Montserrat qui
ne fume plus sur notre droite au lever du soleil et cap sur Malendure
en Basse-Terre.
Même Catherine en redemande et assurera son quart avec sa
fille dans la deuxième partie de la nuit.
Volvo à quand même du terminer le travail car le vent
s'est essoufflé à l'approche des terres. Vite, vite
on est pressé d'arriver et de plonger aux îlets Pigeons
!!!
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