Guadeloupe : Îlet Pigeons et Deshaies avant | après
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Date d'arrivée : mardi 23 mars, 14h00
Date du départ : jeudi 25 mars, 8h00


mardi 23 mars : première plongée surprenante !
 

 

La côte sous le vent de la Guadeloupe n'offre pas de bonnes conditions et c'est au moteur que l'on terminera cette navigation de 21 heures. Le dessalinisateur nous assure 100 litres d'eau potable.

A chaque sortie de pays nous devons repasser par la case départ. A Barbuda, les formalités se font à Codrington : 15 km à pieds ou 4 km en annexe, le choix est difficile ! Alors nous avons choisi de ne pas les faire... C'est à l'entrée que l'on paye les taxes donc on ne devrait pas trop nous en vouloir. Toutefois, dans quelques semaines nous serons peut être considérés comme immigrant clandestin (tous les quatre) !!! Pas de clearance de sortie et donc rien à présenter aux douaniers français ; à chaque nouvelle entrée dans un pays on nous demande les papiers de sortie du précédent. Nous faisons donc le choix de ne pas faire l'entrée en Guadeloupe. Cela devrait passer car lors de notre sortie de Guadeloupe avant Antigua, seul le bureau de l'immigration était ouvert et il nous a fait un papier de sortie à la place des douaniers. Nous irons faire une deuxième sortie mais juste avec ces derniers pour avoir une nouvelle clearance à proposer au suivant. Nous aurons juste deux dates différentes de sortie entre l'immigration et les douanes ! Bref tout cela est bien compliqué et nous avons sûrement tort de jouer avec les autorités. Mais les tonnes de documents remplis pour rien commencent à nous peser et semblent totalement inutiles...

 

 

 

 

On fait le tour des deux îlets Pigeons et on s'accroche à une bouée jaune, vraiment près des rochers. Nous sommes dans une réserve, il est interdit de mouiller afin de préserver les fonds. Il y a donc une dizaine de bouées pour les bateaux de plongées et les bateaux à fond de verre et trois bouées seulement pour les voiliers. Elles sont si proches de la rive qu'elles découragent tout le monde d'y rester pour une longue durée.
Après le déjeuner, on part enfin à la découverte palme, masque et tuba des fonds préservés de la réserve "Cousteau". En fait, Cousteau n'a rien à voir avec la réserve, il a juste dit il y a quelques années que le coin était très clair. Les clubs de plongée se sont installés et ont nommé ce coin "réserve Cousteau".

Les entreprises de plongée et de bateaux touristes sont légions sur le site. On ne peut même pas palmer tranquille sans se faire klaxonner du genre "Pousse-toi de là que je passe !". Le rapport de force n'étant pas égal et les hélices pouvant faire de la charcuterie, il vaut mieux obtempérer.

 

 

Hormis ces petits désagréments, la plongée est chouette. C'est un des plus beaux spots depuis le départ. Des bancs de gros poissons suivent les miettes de pains jeter par les bateaux à fond de verre. Antoine se mêle au paysage et lance quelques coucous aux touristes surpris de l'autre côté des vitres !

La visibilité est parfaite, plus de 25 mètres. Les fonds deviennent vite profonds et Madéo qui n'est qu'à une vingtaine de mètres du bord, flotte à presque vingt mètres des coraux. Antoine ira tester ces capacités de descente au retour de la plongée. Essai réussi car il se posera délicatement sous Madéo à côté d'une belle éponge. Quand il descend tranquillement, il atteint les 20 m assez facilement... Cela va tout de même être difficile de franchir ce palier. La pression devient forte, le masque se plaque contre le visage, le corps se comprime et la surface disparaît !

On se régale dans ce paysage ou la palette des couleurs est complète. Gorgones jaunes, éponges pourpres, coraux rouges, mousses vertes, étoiles de mer oranges, eaux turquoises, poissons multicolores...

 

 

~ Les fonds sous-marins ~



- Aguti -

- Éponge -

- Soleil -

 

 

- Corail de feu -

- Murène -

- Anémone -

 

 

Mouillage plus tranquille pour la nuit dans la baie entre un trois mâts américain et un méga catamaran belge Douce France.
Ravitaillement Match après une bonne marche pour fromages et gigot.

Le mouillage n'est pas spectaculaire. La plage rassemble les clubs de plongées, les restaurants et les vendeurs de glaces du coin. La ville, assez proche, s'étale le long de la route principale. Une seule maison typique et très fleurie nous arrêtera quelques instants.

 

 

 

 

mercredi 24 mars : le jardin de Deshaies, ex-propriété de Coluche
 

On décide de retourner aux îlets Pigeon en annexe avant les touristes : ce n'est pas péjoratif puisqu'on en fait également partie, mais c'est l'effet de masse qui est irritant. C'est donc le seul véritable intérêt du mouillage : 0,5 mille à peine et vous êtes à nouveau au centre d'un superbe spot de plongée.

On se prépare sur Madéo, Antoine enfile sa vieille combi légèrement abîmée sur l'arrière...

Et de bon matin, pendant que notre ange gardienne en chef de voilier Catherine veille sur Madéo, nous voilà sur le site à la découverte de l'aquarium, du jardin de corail, des sources chaudes -pas trouvées-, de la pointe aux carangues -un banc énorme- et de la pointe aux barracudas -deux tortues-.

Deux heures à contempler des milliers de poissons, des tortues, (quel plaisir de les suivre entre deux eaux, ou de s'y accrocher !), des coraux multicolores, des gorgones et éponges dans lesquelles Antoine aime à se reposer. Par 15 m de fond, il s'est assis dans le ventre d'une éponge d'un mètre de diamètre.

Sur la photo ci-dessous :
1 -> les bouées pour voilier et la plongée de la veille
2 -> la pointe aux carangues, un superbe tombant
3 -> le jardin de corail, peu de fond et de très beaux spécimens

 

 

Et enfin le pointillé entre les deux îles...


Cette plongée en zone protégée est ternie par des pécheurs sans scrupules qui défient toutes les lois et viennent jeter leurs filets où là évidemment, ils sont sûrs de trouver du poisson !
Deux vedettes et vingt pêcheurs déploient un filet dans la baie. Aussitôt, 18 hommes se dispersent et frappent l'eau. Les deux bateaux ont tendu les mailles pour fermer la sortie. Les poissons apeurés tentent de s'enfuir et s'emmêlent par dizaines.

Et c'est le coup de gueule de nos écologistes d'enfants à leur encontre. Bien sur, la mauvaise foi prévaut toujours de la part des contrevenants en de telles circonstances et la discussion coupe court.

La vingtaine de braconniers repart aux Saintes avec leur butin, le responsable d'un bateau de plongée, témoin de la scène, promet d'alerter les autorités.

 

 

On lève l'ancre pour remonter sur Deshaies, un poil plus au nord. Le vent nous aide à sortir du port mais une fois dégagés, c'est le calme plat.

Moment proposé par Antoine pour une séance de baignade pleine mer derrière le voilier. Pour cela, un bout de 20 mètres est largué avec à son extrémité un pare-battage pour le repérer. Richard plonge très vite et n'entend pas les recommandations d'Antoine qui lui demandait de s'accrocher sur la partie plongeante du bout, juste à l'arrière de Madéo. Le bout tirant vers le haut permet de rester plus facilement à la surface.

 

Richard : "Me voilà donc tout à l'extrémité de la corde : c'est le bonheur de se sentir tracté sans fournir d'effort ; je remonte la corde à la force des bras mais le bateau accélère sur une brise.
Et me voilà, alternativement hors et dans l'eau à une quinzaine de mètres du voilier, comme une esche accrochée au bout d'une ligne. Hors, j'aspire des bouffées d'air et je signale ma détresse – ça va trop vite !!!- et bras agités, dedans j'aspire à remonter très vite à la surface. Mon short de bain décide alors de me fausser compagnie. Je me laisse glisser jusqu'au pare-battage où je retrouve une position plus confortable.
L'équipage a mis le bateau en panne, Antoine remonte la corde et je suis hissé sain, sauf et nu sur le pont, quitte à une belle peur rétrospective."

Mais les émotions ne vont pas s'arrêter là ! La deuxième traîne, préparée pour Hélène, a été délaissée pour se concentrer sur le sauvetage en mer et le pare-battage est parti, il va donc falloir le récupérer. Demi-tour, plongeon d'Hélène, et manoeuvres de récupération, le tout à la voile avec empannages et virements de bord. Sur l'un d'eux, Antoine, très serein dans tous ses gestes, en bordant le génois sur le winch récalcitrant, pique un superbe vol plané sur le carré arrière. L'écoute coincée s'est libérée d'un coup ! Catherine pousse un grand cri d'effroi et se réfugie à l'intérieur, Hélène se demande se qui se passe ("Maman s'est prit la bôme dans un empannage, d'ailleurs, je ne la vois plus sur le pont !"). Le souffle coupé, Antoine parvient à se relever mais la douleur est vive. Son dos s'est abattu sur le rebord du coffre et ses bras ont amorti comme ils le pouvaient le choc. Grimaces. Hélène, qui n'a rien vu de la scène et voyant enfin Catherine en pleine forme, remonte la bouche en coeur avec un grand sourire : "Comme elle est bonne !".

 

 


On soigne les diverses contusions des blessés. Quels plaisirs et quelles émotions, ces vacances !

Deshaies est devant nous, au creux des vertes montagnes.

 

 

Arrivée sur la baie de Deshaies, bien abritée entre deux pitons rocheux.

Le gigot de midi nous change du poisson omniprésent et les fromages français, pardon de la Métropole, Bleu, Emmental et Reblochon se rappellent à de bons souvenirs, surtout pour les marins, sevrés depuis de long mois !

Madéo a trouvé sa place, au plus près du ponton par 2,5 m de fond.

 

 

L'après midi, ascension pédibus de la route sous le cagnard (ah, oui, hourra, journée sans pluie !). 1,4 kilomètres de montée nous séparent du parc Coluche.

 

 

 

Au milieu du chemin on rencontre un véhicule des pompiers qui a un problème d'injection, le moteur refusant de monter en régime. Et nous voila en train de pousser le camion rouge avec d'autres touristes. Tous les cinq mètres on s'arrête et le pompier qui nous aide se demande si on peut atteindre le haut de la côte ! Bien sûr que non !!! Tout le monde insiste pour arrêter une voiture mais notre pompier n'y croit pas.

Un 4x4 de la Compagnie de Eaux s'arrête enfin et tracte le camion. Le moteur rendra définitivement l'âme avant l'arrivée au sommet. On ne saura jamais ce qui adviendra des accidentés de la route qu'ils étaient partis secourir.

 

 

Rafraîchissement-douche discret dans les toilettes à l'entrée du Jardin de Deshaies.

Puis visite relax du parc ayant appartenu jadis au défunt comique. Même son ex-villa attenante peut être louée. Très propre, joli parcours dans la flore équatoriale.

 

 

Les oiseaux en volière viennent manger dans la main et extraire le sel des cheveux d'Hélène et Antoine. Ils commencent par la base et lèchent la mèche jusqu'à son extrémité. Sensation étrange !!!

 

 

Flamands rouges des Caraïbes et reflets magiques dans l'étang qui nous sépare.

 

 

 

Une attention toute particulière pour l'arbre à lianes sur lequel Coluche venait siroter ses ti-punchs au coucher du soleil.

Les arbres et fleurs offrent une randonnée reposante et les appareils photos y épuisent leurs piles et leurs cartes mémoire.

 

 

~ Les fleurs du jardin de Deshaies ~

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un muret d'eau original, les orchidées se développent tout autour.

Un peu plus loin, un palmier de trente ans, gigantesque, aux feuilles pesant 50 kg, et qui mourra vers 70 ans, juste après avoir offert ses premiers fruits.

 

 

Le restaurant du parc, au-dessus de la cascade artificielle.

On s'offre des bières salvatrices panoramiques devant Montserrat et retour à la nuit sur le voilier.

Repas léger et vite au lit, fatigués par toutes les émotions de cette journée pleine d'aventures.

 

 

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