Guadeloupe : le nord de Basse Terre avant | après
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Date d'arrivée : vendredi 26 mars, 6h00



vendredi 26 mars : lever bien matinal, visite de Pointe-à-Pitre et du nord de Basse Terre

 

Il a fallu trouver des réveils-matin pour ne pas manquer l'ouverture : ce sont les téléphones portables qui en feront office. L'occasion de passer quelques communications à Anne et Rémi. Merci Orange, il faudra nous expliquer la technique ! Et mille excuses aussi car les 5 h de décalage horaire ont réveillé Anne à 2 heures du matin dans les Vosges !

A 3 h45, on allume les feux pour prévenir que l'on veut passer. A 4 h, le pont s'ouvre doucement. On attend un peu, pas de feu vert ou rouge, rien à la VHF...

Lâché de bouée, puis deux ou trois tours d'hélice pour pointer l'avant de Madéo vers la petite brèche. "Come on ! Allez, vite ! Hurry up !!!" L'homme chargé d'ouvrir le pont parle tantôt anglais, tantôt français... Ce serait plus simple de nous expliquer pendant l'ouverture du pont la marche à suivre. Car nous ne savons pas si on peut s'avancer, si on doit attendre un ordre et à quelle vitesse traverser. Bref on est un peu perdu et quand tout à coup on entend : "Come on, come on, dépêchez-vous !!!". Oui, oui, on arrive !

Traversée sans soucis du pont... Impressionnant tout de même de nuit ! On a une demi-heure pour avancer sur Rivière Salée, car le second pont ouvre à 4h30. Tranquillement nous profitons de ce moment unique. Guidés par les balises (heureusement), nous suivons la rivière endormie. L'Anglais est collé derrière nous, il s'impatiente. Nous avons fait la moitié du chemin et il nous reste 10 min avant l'ouverture. Bon on va lui faire plaisir, accélérons !

Devant le deuxième pont c'est le repère des oiseaux. Aigrettes sans doute. Par dizaines et même centaines, elles se rassemblent jours et surtout nuits sur les arbres qui bordent la rivière. Nous les retrouverons à chaque traversée en voiture du pont les trois prochains jours. C'est étonnant qu'elles aient choisi un endroit bruyant, si près des voitures et de la pollution, alors que la mangrove est étendue et offre de nombreux autres repères plus agréables !

Quelques ronds dans l'eau et le pont s'ouvre à nouveau. "Laissez passer les bateaux entrant à Pointe-à-Pitre d'abord !" Pas de message en anglais cette fois-ci (trop compliqué la phrase). C'est donc à nous de passer en premier. Re bonjour Monsieur. C'est la même personne qui ouvre les deux ponts.

C'est l'arrivée sur Pointe–à–Pitre et le mouillage devant la Marina à coté de Sol. Le temps de petit-déjeuner et l'on part à la recherche d'une voiture de location. Le jour n'attend pas. Le soleil s'est levé et la journée sera longue.

 

 

 

 

 

La seconde agence sera la bonne on roule pour trois jours en Clio climatisée. On a eu de la chance quand même car c'est, paraît-il, très difficile de trouver une voiture en ce moment.

Premier arrêt aux marchés de Pointe à Pitre.
Au marché de la Darse, on trouve les fruits et légumes produits en Guadeloupe et dans les îles alentours. Des vendeuses sont en costumes traditionnels et t'interpellent "hé doudou !" dans une ambiance bon enfant. Par contre, elles n'aiment pas du tout qu'on les prenne en photo à l'improviste.

Catherine, Hélène et Antoine flânent, discutent et goûtent les fruits proposés pendant que Richard a déjà fait trois fois le tour du marché.
Un peu plus tard, une marchande lui demande :
- "Mi qu'est-ce que tu cherches, doudou ?".
- "Ma femme !"
- "Oh, si tu ne la retrouves pas, c'est pas un problème, il y en a ici !"

On achète quelques bananes et des abricots antillais, les photos sont alors autorisées.

 

 

 

 

La visite continue dans les ruelles de la vieille ville, on croise un étal de tee-shirt à prix imbattables Puis c'est le marché aux épices, le marché Saint-Antoine.

La vendeuse adore discuter : ses enfants en Métropole, le téléphone, son métier,... on connaît presque toute sa vie. Il est encore tôt, les touristes ne sont pas arrivés.
Catherine repart avec un bon chargement d'assortiment d'épices en vrac.

 

 

 

 

Deux étals plus loin, Antoine craque pour des tableaux antillais.

La plus belle vendeuse de punch "maisons" et de chapeaux de paille. Très bonne vendeuse également car Catherine ne s'en tiendra pas à son chapeau, allez va pour petite bouteille.

 

 

Fin de l'épreuve de marchés pour Richard. Rien de tel qu'une bonne boisson fraîche dans une "canette" verte !

Coco fraîche...

On passe devant le musée municipal Saint-John-Perse, quelques vielles maisons avec un étage en bois, puis la basilique Saint-Pierre-et-Saint-Paul en rénovation. Les rues Delgrès, Frébault et Schoelcher sont animées et ont conservé un certain charme.
Sur la place Gourbeyre, entre la basilique et le Palais de Justice, se tient un petit marché aux fleurs. Une des marchandes a été élue super mamie, elle était aussi championne d'athlétisme il y a beaucoup d'années, nous explique-t-elle.
Elle a gagné son concours "super mamie" en métropole, toutes les régions étaient en compétition. C'est extra de discuter avec elle de cette compétition digne des miss France...

Une petite photo place de la Victoire et on reprend la voiture.

 

 

On prend le chemin de Basse-Terre, où l'on s'égare plusieurs fois avant d'arriver à Morne-Rouge, dans la distillerie Séverin. C'est aussi une grande propriété avec un parc, un restaurant et une grande boutique. Et les Séverin élèvent des ouassous et produisent des spécialités locales.

Un quiproquo avec un autre groupe nous permet une dégustation intégrale des produits proposés : rhum vieux, rhum blanc, liqueur de bois-bandé, liqueur de coco, liqueur de carambole, liqueur de citron vert, ti-punch, liqueur de café et de cacao. Merci, hip ! C'était très bon, hip...

La suite de la visite s'effectue en petit train ou à pied. On opte sans hésiter pour la seconde solution.

 

 

 

C'est parti pour les zigzags entre les étangs de ouassous, ces écrevisses d'eau douce que l'on trouvait autrefois à profusions dans les sources. Aujourd'hui, ils ont presque disparus et sont élevés comme ici.

Il faut savoir que les ouassous d'élevage couvrent 15% de la consommation de l'île. Les autres viennent d'Asie, surgelés.

 

 

 

Et ici, les gros prédateurs, ce sont les oiseaux ! Ils n'ont qu'à plonger pour se régaler !

 

 

 

L'autre partie de la propriété est un grand parc avec de superbes arbres et fleurs.

On voit quelques oiseaux dont un beau héron bleu.

 

 

Vue depuis les hauts de la propriété : tout est vert ! Des champs de canne à sucre aux collines boisées !

 

 

 

 

La balade se termine par un coup d'oeil sur les installations des machines de la distillerie. Tout est encore traditionnel, c'est une grande roue à aube qui entraîne les engrenages pour broyer la canne.

Ensuite ce n'est pas bien compliqué... La grosse machine verte malaxe la canne, un peu de fermentation et par miracle le rhum arrive transparent dans la bouteille. En fait, on n'a aucune idée de la fin du procédé. D'un liquide marron et très odorants en fermentation dans les cuves, on arrive à un bon rhum incolore.



 

 

On poursuit un peu plus dans le nord de Basse Terre pour arriver à Sainte Rose. Pas de restaurants ouverts, on continue...

Le Jardin Créole nous propose une bonne table familiale : légumes du jardin, entrecôte, poisson, bien cuisinés et bien présentés. Un vrai régal bon marché.

Et puis la visite guidée par le maître queue est un morceau d'anthologie : l'autosuffisance est son leitmotiv et devrait permettre à la Guadeloupe de retrouver ses racines, à défaut de son indépendance vis à vis de la Métropole nourricière (les cargos arrivent chargés à bloc de produits frais et de conserves). "La vie est belle !!!" nous répète-il sans cesse...

Tout le long du mur de la propriété poussent les plantes médicinales. On goûte, on teste. Note guide est incollable sur toutes les questions. "Et comment elle faisait grand-mère : elle allait dans le jardin et la solution à tous les problèmes était là !" Piqûres de moustique, mal de ventre, diarrhée, constipation, contraction, mal au dos... Toutes les plantes guérissent ici, c'est magique.

 

 

Viennent ensuite les fruits et légumes pour se nourrir. C'est bon !!!
On découvre aussi les plans de coton. C'est doux !!!

Notre guide se souvient de tous les conseils de ses grands-parents, et pour que les Guadeloupéens n'oublient pas leur racines, des écoles du département cultivent des parcelles dans le jardin et redécouvrent leurs traditions.

Comment fait-on le bâton caco et le cacao à partir des graines ? Et les pirogues et les rames ?
Quelles plantes utiliser pour laver le linge ? Et pour faire la vaisselle ?

La richesse du jardin est telle, que les chercheurs viennent prélever des échantillons ici. Ils travaillent maintenant main dans la main.

La visite est très instructive. Un CD Rom va bientôt sortir, à suivre !

On referme avec regrets la porte du Jardin Créole, on se sentait vraiment bien ici.

 

 

 

On continue vers les sources sulfureuses à Sofaïa : arrêt minute car les sources sont bétonnées pour faciliter les douches, très prisées d'ailleurs.

La nuit va bientôt tomber, on termine la journée en s'arrêtant au Gosier, un village, une grande plage et une petite île appréciée des touristes et des voiliers.

 

 

Il y a encore beaucoup de monde sur la plage, et pas mal de bateaux au mouillage de l'île. L'endroit est très charmant. Mais nous n'osons pas l'imaginer de jour. Un flot doit se déverser sur la plage, accompagner de cris, d'éclaboussures, de ballons... La plage bondée d'un 15 août en Méditerranée.

 

 

Il est temps de rentrer sur Madéo. La nuit tombe...

Le capitaine de Sol est malade et l'apéritif est reporté. La journée a commencé à 3h45 du matin rappelez-vous ! Dodo tôt ce soir, la journée de demain nous fera grimper à plus de mille mètres d'altitude.

 

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