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| Date du départ : 1 avril, 4h00
Date d'arrivée : 2 avril, 17h00
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| du lundi 29 mars au mercredi 31 mars 2004
: repos à Pointe à Pitre |
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Ouf ! Après ces trois semaines
à 100 à l'heure, on s'accorde trois jours de repos.
A bord, nettoyage et rangement ; à la marina, lessive, cybercafé
et plein d'eau. On s'achète aussi quelques fringues à
la mode.
On retrouve les Américains de l'Ohio au ponton 6 de la marina,
qui nous font visiter leur Super Maramu 53. Pas mal ! Le chantier
Amel, à La Rochelle, ne fabrique plus que ce bateau, tellement
il a de succès. C'est un bon bateau, un ketch, super équipé.
A l'extérieur, tout se passe dans le cockpit, à l'abris
du vent et des embruns, tout est électrique, jusqu'au rinçage
de la baille à mouillage. A l'intérieur, machine à
laver et lave-vaisselle, frigo et deux congélateurs, toilettes
à chasse d'eau électrique, une place pour la télé...
C'est grand !
On retrouve aussi Pan Kalet et Sol, c'est pas la grande forme :
les capitaines sont à l'hôpital. Pierre a une infection
à la jambe et Franck des problèmes intestinaux. |
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| Mercredi matin, un tour au marché
de la Darse, on sympathise avec une des vendeuses.
Rencontre rapide avec Moana, un bateau de la clique du canal 77...
Encore un sacré équipage avec plusieurs enfants !
Dommage nos routes ne sont pas les mêmes, ils vont sur Antigua,
Barbuda et peut-être Saint-Martin ensuite.
Un dernier apéro avec Sol, le capitaine est sorti de l'hôpital
mais pas n'est pas complétement guéri. On leur offre
une séance photo des endroits qu'ils n'ont pas pu visiter. |

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| jeudi 1er avril : départ pour Montserrat |
Debout à 4 h du matin pour
passer sous les ponts de la Rivière Salée. On lève
l'ancre et on parcourt 3 milles au milieu des lumières de
la ville pour arriver devant le pont de l'Alliance. Trois voiliers
sont amarrés aux bouées d'attentes. Nous passons devant
eux, sans bruit. Tout le monde dort ? Non !!! Des loupiotes se baladent
derrière les hublots. Les moteurs commencent à cracher.
Aurions-nous sonné le départ ?
5 h, le Pont de l'Alliance s'ouvre, on est les premiers des quatre
bateaux. A la queue-leu-leu nous guidons à nouveau la flotte
vers le deuxième barrage.
On traverse le Grand-Cul-de-Sac du Marin dans le lever du soleil.
Un des bateaux s'est arrêté, les deux autres nous ont
doublés et vont sur Antigua. Antoine bougonne car ils remontent
plus au vent et ils vont plus vite, Hélène s'allonge
pour un petit somme.
Réveil en douceur dans les dix minutes : "Ma douce,
vient endrayer le génois léger dans l'enrouleur !
Je vais hisser !". Pfff. Le vent est vraiment faible, pour
arriver à Nevis avant la nuit nous devons cavaler à
plus de 6 noeuds. Antoine ne trouvait pas cela impossible hier car
l'allure est portante. Madéo à l'habitude du grand
largue et nous offre en général une belle moyenne.
Mais aujourd'hui le vent ne dépasse pas 10 noeuds. Difficile
de faire 7, 6 et même 5 noeuds. Le génois léger
se gonfle ! Il est énorme... Suffira t-il à nous emmener
à Nevis ? |

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"Il faut reconnaître
que ça vaut le coup" dit Hélène, "un
vrai plaisir ce beau drap blanc".
Montserrat est en vue, Hélène tente une seconde sieste,
et comme par hasard, il faut empanner 15 minutes plus tard.
Hélène passe alors le reste du temps dehors, à
regarder avancer le bateau. On est tout seul, les autres voiliers
sont derrières, entre la Guadeloupe et Antigua. Antoine travaille
sur le site puis prépare un taboulé avec un reste
d'agneau.
- "Hélène, on ne va plus à Nevis mais
à Montserrat.
- Ah bon !
- On passe la nuit près du volcan et on ira plutôt
à Saint-kitts près des Salines. Qu'en penses-tu ?
- Bien, c'est cool ! On peut s'arrêter à Redonda aussi.
Il y a plein de poissons car personne n'y mouille.
- Redonda !!! C'est où ?
- Entre Montserrat et Nevis. L'île dépend d'Antigua.
- J'y comprends plus rien, je ne l'ai pas vu sur les cartes..."
Et voilà Hélène qui lit à haute voix
le paragraphe du Patuelli. Mais bien sûr qu'il faut s'arrêter
la-bas ! On adore ce genre de cailloux perdu délaissé. |
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| Montserrat approche. Toute la
partie Sud de l'île est interdite d'accès, jusqu'à
2 milles au-delà des côtes : Les dernières éruptions
volcaniques ont eu lieu entre 1995 et 1998. |
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Une coulée de lave qui s'est déversée directement
dans la mer. Des hectares de terrain ont été recouverts.
On a peu parlé de cette éruption. D'autres événements
ont pris le dessus pendant que la capitale de l'île était
ensevelie, la moitié du territoire évacué et
que de nombreuses personnes se sont trouvées sans abri. La
coulée de lave en dit long sur l'ampleur du désastre
!!!
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Puis on passe sous le vent du volcan et une désagréable
odeur de soufre se dégage Hélène. Encore quelques
milles et on arrive au mouillage. |
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Les coulées de
lave ont détruit la capitale, Plymouth et d'autres villages.
Le volcan crache encore une épaisse fumée.
On a du mal à reconnaître les anciennes maisons. Les
jumelles nous ouvrent les yeux ! La photo de gauche prise il y a
dix ans aurait montré une grande ville. Partout des constructions...
Aujourd'hui peu d'arbres ont repoussé entre les ruines et
c'est la lave qui recouvre tout le centre. Sur la droite nous ne
pouvons même pas voir le désastre qui se cache sous
la fumée. |
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On est à la limite de la zone interdite, il n'y a pas d'odeur
et on est seul. Hélène plonge vérifier l'ancre
et ramasser un échantillon de sable. L'eau est opaque, ça
fait presque peur. Nous ne savons pas si le coin est habité.
Beaucoup de volets sont fermés. Abandonné ! Non ce
n'est pas possible ! Le volcan n'a pas touché la zone mais
la peur en a chassé les habitants... |
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Merveilleux coucher
de soleil sur la mer.
Et l'odeur du ti-punch dans le verre améliore l'instant !
Et puis des lumières s'allument à terre. Une à
une les plus belles maisons vivent à nouveaux. L'éclairage
public fonctionne. La zone n'est donc pas déserte. Des irréductibles
ne quittent pas les lieux et ne sont pas expulsés. Tant mieux
pour eux, ce doit être dur de quitter sa maison, de la laisser
seule. La vendre ? Qui en voudrait ? Une bombe s'est assoupie à
côté et personne ne peut dire quand elle repartira
dans un sommeil profond. |
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| vendredi 2 avril : Redonda, Nevis et arrivée
à Saint Kitts |
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Lever tôt pour rejoindre
St Kitts avec stop à Redonda. Il n'y a pas beaucoup de vent,
mais on avance remarquablement bien, grand largue, avec notre génois
léger. |
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| Redonda ressemble à un
gros rocher inaccessible. Le seul endroit qui pourrait être
un mouillage est sous le vent de l'île, à ne pratiquer
que par temps calme. On s'approche des hautes falaises, on cherche
un coin de sable. Rien de rien, on ne voit que des gros rochers,
par 8 mètres de fond. On mouille quand même, on n'est
là que le temps d'une plongée.
Hélène plonge vérifier l'ancre. C'est profond,
au moins 10 mètres. Bon, l'ancre est posée sur un
rocher plat recouvert d'une mince couche de sable, et la chaîne
fait un grand tour tout autour, avant de remonter à la verticale.
Ce n'est vraiment pas ce qu'il y a de mieux, un coup de vent et
on chasse, c'est sur et certain. Mais il n'y a pas de meilleur endroit.
Ou alors ce serait par 15 ou 20 m de fond ! On est bien là.
Des roches, repérées sur la carte, nous attendent.
On peut les voir à travers l'eau à 50 m de Madéo. |
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On s'équipe pour la découverte
sous-marine et hop, à l'eau.
Une dizaine de mètres devant le bateau, trois superbes carangues
d'au moins 4 kilos s'approchent. Hélène a le souffle
coupé, elles sont si proches ! Elles nous regardent, passent
entre nous deux, à un mètre, Antoine braque le fusil
sur une des tempes. Les bêtes ne bougent, elles n'ont sans
doute jamais vu un poisson comme nous ! Un petit coup d'oeil vers
Hélène, l'air de dire : je tire ou pas ? On ne pourra
pas les manger, car des carangues de cette taille ont toutes les
chances d'être infectées par le ciguatera. On les laisse
donc en paix. Pas de trophée de chasse inutile ! |
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La plongée est superbe,
mais on fatigue vite, les apnées sont assez profondes (de
5 à 7 mètres) et plutôt longues car on ne voit
pas grand chose de la surface, et on n'a pas pris les poids. De
plus, on fait un aller-retour pour amener un beau mérou sur
Madéo pour ne pas attirer les requins. Au fond, c'est superbe
: on s'accroche à un rocher et les poissons viennent nous
voir, seuls ou en banc, à tour de rôle... Comme si
on faisait déjà partie du paysage !
On croise deux tortues dont une grosse. Elles nagent tranquillement
avec leurs pattes avant, et passent en dessous de nous, sans prêter
attention. Il y a aussi quelques coraux. Les poissons ne doivent
vraiment pas souvent avoir de la visite par ici, on commence à
les reconnaître à leur comportement à force
de plonger, et ici, ils sont vraiment peu craintifs.
On rentre émerveillé, la plus belle rencontre reste
celle avec les carangues, grandes comme nos palmes et si curieuses.
Merci les belles ! |
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On repart en direction de Saint Kitts,
en remontant un peu plus au vent.
Dernier coup d'oeil sur ce beau rocher... |
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On passe au Sud de Nevis, une île toute ronde. La chance est
avec nous pendant cette navigation : ciel bleu et presque pas de nuage
sur les montagnes. C'est très rare car ils aiment s'y accrocher
et passer la journée. |
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Le point culminant,
le mont Nevis, est quand même presque à 1 000 mètres
d'altitude.
Nous passons prêt des côtes. Les fonds remontent jusqu'à
quatre mètres mais un coup d'oeil sur la carte nous rassure.
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Vue sur Nevis depuis le canal des Narrows, entre Saint-Kitts et Nevis. |
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Cap sur une des plus belles baies de Saint-Kitts. Il n'y a personne
! On mouille près de la plage de cailloux au sud de la presque-île. |
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