Saint Kitts et Nevis avant | après
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Date d'arrivée : vendredi 2 avril, 17h00
Date du départ : dimanche 11 avril, 10h00


vendredi 2 avril : on mouille pour un bon bout de temps


Madéo sur la mer des Caraïbes, une fine plage de galets bordée de mancenilliers, des broussailles touffues et le lagon violet-rose. Saint-Kitts nous offre un mouillage paisible à l'abri du tourisme. Profitons-en, profitons-en à fond avant de retrouver dans quelques mois le métro parisien.

Au menu du dîner, Hélène cuisine le poisson pêché à Redonda avec des hauts le coeur : c'est l'overdose ! Par pitié, stop les poissons, "J'en peux plus" dit-elle au bord des larmes. Antoine la console avec une soupe poireaux pomme de terre et un steak haché sorti du freezer. Il se garde le gros mérou au four pour lui tout seul.

On passe une nuit calme.

 

 

 

samedi 3 avril : coucou les oursins...
Journée tranquille à bord de Madéo. Un superbe yacht et deux grands voiliers viennent mouiller près de nous. Crêpes, vrai cacao avec le bâton caco, patates douces et bananes plantains. On bouquine et on avance sur le site web à tour de rôle. On a prévu quelques jours tranquilles à Saint-Kitts pour compléter le site, car on n'a pas avancé avec Richard et Catherine. La mise à jour se fera à Saint-Barth, vers le 10 avril.

Antoine a repéré la vieille un spot de plongée. Il ne s'est pas trompé, les équipages des autres bateaux se dirigent à tour de rôle vers les rochers affleurants. Un Zodiac de plongeurs bouteilles vient passer deux heures sur le site.

Des pêcheurs du coin sont là, et lancent leurs cannes depuis la plage.

A 17 h, c'est notre tour. L'eau est trouble, on a encore dans la tête notre plongée à Redonda, les poissons sont plus petits, mais c'est quand même pas mal. Le gros avantage, c'est que tout est à 1 à 2 mètres de profondeur et que l'on voit une grande variété de coraux et de poissons : gorgones, coraux cerveaux, éponges, poissons ange, poissons chirurgiens, poissons trompettes, poissons clown (presque le même que dans Némo, mais avec des rayures jaunes et noires), une murène, un gros poisson coffre et une tortue. Antoine ne trouve rien d'intéressant à tirer. Trop de monde par ici, les gros poissons et les langoustes ont du trouver un coin plus tranquille.

 

 

En fin de plongée, Antoine descend explorer un trou sous un rocher, pour remonter plus vite, il s'appuie de la main gauche sur le sol, et là, il y a un gros oursin...
Il retire vivement sa main et tourne sa tête vers Hélène, à la surface, la douleur transparaît à travers le masque.

On enlève les épines plantées dans le néoprène du gant, mais l'extrémité reste dans la paume. On rentre vite à l'annexe puis sur Madéo, on retire le gant, une vingtaine d'épines sont encore là, enfoncées de 2 à 5 mm dans la peau. Deux s'enlèvent facilement avec les doigts, les autres, qui ne dépassent que d'1 mm, se brisent en poussière sous la pince à épiler. Il n'y a pas grand chose à faire. 4 sont particulièrement douloureuse : 3 sous les doigts, le long de la ligne de vie et une qui transperce entièrement l'annulaire, ressortant à côté de l'ongle. Hélène creuse jusqu'au sang autour des épines avec une aiguille et réussit à en extraire trois, les dernières et les plus douloureuses sont trop profondes, elles resteront là. On désinfecte régulièrement.

Notre bouquin de plongée dit que l'organisme absorbe les épines d'oursins. On verra bien ! En attendant, c'est douloureux, Antoine ne peut plus serrer sa main gauche, ça promet pour les manoeuvres et pour remonter l'ancre. Un bon film et des bisous dans la main, le meilleur remède pour le skipper.

 

 

 

 

dimanche 4 avril : visite des Salines

 

La journée commence par l'écriture du site et un petit déjeuner test : Crêpes aux flocons d'avoine. C'est bien, léger et coupe faim à la fois. Antoine souffre toujours un peu de sa main, il ne peut rien serrer. Hélène retire encore quelques petits morceaux mais il reste beaucoup d'extrémités d'épines, profondément enfoncées. C'est quand même très supportable.

11 h, on se décide pour une balade à terre, il est largement temps, le soleil tape déjà trop fort.

 


 

Pas de sable sur la plage, mais de gros galets qui font mal aux pieds nus, et ça grimpe fort. Pour la première fois depuis le départ, on a quelques difficultés à porter l'annexe à l'abri des vagues, un peu plus haut, accrochée à un arbre. On commence par longer la plage, une première saline se découvre, elle est rose de sel et les collines alentours se reflètent dedans (photo ci-dessus).

Côté mer, de jeunes pêcheurs sont en pleine action sur les rochers prolongeant le récif ou nous avons chassé hier. Ils doivent attraper du poisson car l'ambiance est animée.
On grimpe sur une première colline, il n'y a aucun sentier bien entendu.

 

 

C'est magnifique : De droite à gauche : Madéo est seul au mouillage, l'eau est si claire que l'on reconnaît les fonds à la couleur de l'eau : turquoise, bleu clair ou foncé. Derrière la plage, une saline rose, et juste à côté, une plus grande saline bleue. Et de nouveau la mer, turquoise.

 

 

 

On fait le tour de la petite saline, en s'approchant de l'eau. Le sol est craquelé, comme des dalles espacées. C'est un peu mou. Par contre, l'eau n'est pas si salée que ça. On peut soulever les morceaux et découvrir une vase très juteuse. Impossible de poser le pied dessus. Nous sommes donc à la merci de la croûte supérieur séchée ! 1 cm de vase morcelée !!! On se sent beaucoup moins à l'aise tout à coup...

 

 

 

La grande saline est bleue et beaucoup plus agitée. A la surface, de la mousse s'aligne en rang pour rejoindre notre rive.

 
 
Un sentier traverse la péninsule et permet d'atteindre l'extrémité de Saint Kitts, où l'on est au plus prêt de Nevis. Coincés entre les deux salines, la rose et la bleue, la calme et l'agitée, d'un côté les mouches de l'autre la mousse.
 

 

Traces dans la saline

 

croûte sèche... pattes d'oiseaux... sous l'eau...
 
la mousse... les mouches...

 

 

De l'autre côté, on gravit une seconde colline, un peu plus haute. La vue est splendide de nouveau. Tout à gauche, Madéo, puis notre première petite colline, la saline rose, la bleue, et l'océan tout à droite...

 

 

Jolie figure entre les deux salines ! L'amour au naturel... Et rien que pour nous en plus. Vive les Antilles bondées par les voiliers de locations ! Si vous avez du temps, vous pouvez aborder les mouillages non touristiques. Ils sont très nombreux car les bateaux de locations suivent tous le même trajet.

 

 

 

En se tournant de 180° : Vue sur Nevis, derrière la fin de la péninsule. On sent un manque de pluie certain sur les collines. La végétation prend de l'ampleur à partir de 100 ou 200 mètres d'altitude. Ailleurs les nuages ne s'arrêtent pas et poursuivent leur route vers le continent.

 

 

 

 

lundi 5 avril : site et bricolage

Antoine passe sa matinée à écrire le site. Hélène en profite pour bricoler, notamment les caillebotis du cockpit. Nous profitons de cette escale reposante pour engloutir nos bouquins : l'un écrit un récit, l'autre lit. Bientôt on nous lira à notre tour.

Quelques bateaux sont arrivés au mouillage. Zut ! Et puis pourquoi pas en fait, un peu de compagnie et peut-être un équipage super sympa...

Sous l'ombre du bateau, la vie s'organise : des poissons grignotent nos restes et des poulpes en banc y passent la nuit et une bonne partie de la journée.

 

 

 

 

mardi 6 avril : et toujours site et bricolage
 

On garde le rythme : Hélène bricole un solide système de blocage pour le frigo, Antoine est dans le site. On comble petit à petit le retard d'écriture...

On a remarqué que l'anode du Sénégal ne s'usait pas. On n'a vraiment pas de chance avec nos anodes : Cette bague nous a demandée pas mal de boulot, on n'avait que la matière brute, il a fallut la mettre en forme, l'ajuster et la placer. Bon, elle faisait un peu de bruit, mais elle s'est usée toute seule. On était content de notre boulot, elle tenait vraiment le coup, avec une Traversée de l'Atlantique. A Trinidad, on a changé l'autre anode, et aujourd'hui, 3 mois après Trinidad, notre anode bague du Sénégal a juste changé de couleur et n'a pas perdu un millimètre de matière. Et celle de Trinidad est à moitié entamée...

On dévisse en apnée les boulons, les coquillages empêchent d'enlever les écrous. On sort la grosse pince coupante, puis la scie à métaux. Et au boulot, toujours en apnée.
Au bout de 20 minutes, l'anode est retirée. On place la nouvelle... elle ne rentre pas sur l'axe, elle est trop large, il n'y a pas assez de place entre l'hélice et la bague hydrolube. Quelle guigne ! On sort de l'eau, frigorifiés, on se réconforte avec une bonne douche : 2 litres d'eau douce chauffée au soleil chacun. La nuit tombe, on se réfugie à l'intérieur. Antoine se plonge cette fois dans son policier pendant qu'Hélène écrit.

Cherchez l'étoile de mer sur la photo... Et la boucle dans la chaîne ! Le vent est si faible qu'elle n'est même pas tendue.

 

 

 

 

mercredi 7 avril : site et ménage pour changer

Le site web avance à pas de fourmi, on se relaie devant l'ordinateur. Le reste du temps est passé en lectures, ménage et cuisine. On discute beaucoup aussi.

Grand événement : Madéo est officiellement à vendre. L'inventaire est à jour et deux affiches sont scotchées sur le bateau.

A VENDRE

Dériveur Trismus 37
Équipé grand voyage

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Contact : madeo@antoinehelene.net

Visite et apéro possible à tout moment !!!

 

 

 

 

jeudi 8 avril : petite nage parmi les poulpes
 

Hélène entreprend un carénage de la première face de coque, un petit poisson tout mignon vient voir de plus prêt ce qui se passe : Pas craintif, il se frotte aux bras, vient à 2 cm du masque, puis glisse entre les jambes avant de revenir par un autre côté ! Il ne veut pas partir, on pourrait le prendre dans ses mains mais il est si petit qu'on lui ferait sûrement mal. Alors il se balade librement et inspecte tous les endroits accessibles.

Hélène se bat maintenant avec l'anode limée au fur et à mesure par Antoine. Enfin, l'anode rentre dans son trou. C'est elle qui aura quand même le dernier mot, les écrous sont trop courts.

Les poulpes sont toujours là, nos voisins français aussi. Après ces quelques jours en autarcie, on part les inviter à l'apéro. Mais il n'y a personne à bord, tant pis.

 

 

Dans l'après-midi, Antoine carène à son tour l'autre face de la coque avant de s'attaquer à cette anode récalcitrante. Il réussit à perdre une vis au fond de l'eau,... On trouve une remplaçante à bord, et au bout d'un sérieux acharnement, l'anode est en place. Incroyable.

 

"Nage avec les poulpes !"

C'est impressionnant... Ils sont synchronisés à la perfection. Au moindre geste brutale, ils détalent à droite ou à gauche et reprennent la formation.

 

 

 

 

vendredi 9 avril : on lève enfin l'ancre pour la reposer 6 milles plus loin

On a décidé de dépenser nos derniers dollars EC à Nevis, cap donc vers la petite île. La navigation d'une heure est vraiment très tranquille. On en profite pour tester correctement le pilote automatique.

 

 

Le mouillage de Pinney's Beach est très grand, l'eau est claire et calme. Il y a de nombreux bateaux. On s'approche de la plage, surprise, on entend de la musique : "Boum, boum, boum". Vendredi après-midi, la soirée promet d'être animée autour du petit bar. Un peu plus loin, quelques bars restaurants ont eux aussi mis le volume à fond. Musique en stéréo sur Madéo !

 

 

On accoste avec l'annexe sur la grande plage. On admire une des plus belles forêts de palmiers juste derrière le sable, avant une balade dans la ville déserte, à la recherche d'un resto. Pas facile, c'est plutôt mort comme endroit : très peu de commerces, banques, restos, et tout est fermé.

 

On trouve enfin un resto ouvert, mais vraiment pas engageant...

La plage côté ville, une grande barge est abandonnée au milieu des palmiers.

 

 

Demi-tour vers Madéo, on profite de la plage Pinney's Beach. On comprend pourquoi tout était fermé : toute la ville est à la plage, en train de papoter et de discuter. Les mamans avec les bébés tout d'abord, et plus loin, au niveau des bars, le reste de la population. Un groupe de musique s'installe là, un camion enceinte un peu plus loin... L'ambiance "méga fête sur la plage" se prépare !

Et tout d'un coup, sur le sable, deux petites bornes et un gros panneau "Four Season Hotel - Private", avec un gardien encostumé. On a vraiment l'impression que l'hôtel s'est installé sur la plage des Nevis. Un groupe de jeunes blacks entre, on les suit. On a le droit de marcher sur la plage, mais pas de monter plus haut. Pourtant tout est là : piscine, chaises longues avec table garnies,... Les gardiens se relaient pour suivre le groupe de jeune, qui fait très vite demi-tour. Nous, blancs au milieu des blancs, on se fond très vite avec les autres clients de l'hôtel luxueux.

 

 

 

 

 

On en profite pour faire un petit tour sur le golf de l'hôtel, entre mer et montagne. Le buffet s'installe, on hésite presque à rester...

 

 

Ca va pas la tête, non ! Notre place, c'est avec les blacks, à faire la fête sur la plage, Oh !

Photo ci-contre : Ambiance sur la plage.

Finalement, on décide de retourner prendre l'apéro sur Madéo et on a la flemme de retourner manger à terre. Ce sera pour demain midi.

Puis Antoine va écouter le concert à terre, car Hélène est bien plongée dans son bouquin, et préfère profiter de la musique de loin.

Antoine : "Il fait nuit, la musique est de plus en plus forte. Le concert a commencé, tout le monde est debout. Il n'y a pas de projecteurs, et tous les visages sont bien sombres. Seul le mien capte le peu de clarté qui s'est faufilée sous la case.

 

 

Au premier rang quelque danseurs roulés à la créole, derrière ils se là coulent douce à la Carib (bière de Trinidad) et en dernier plan ce sont les rouleurs de Cannabis. L'odeur est forte mais ne dérange personne. La musique ne casse pas des briques : un style américain moderne, beaucoup de reprises massacrées.

Autour du concert c'est la même chanson que l'après midi : les vendeurs d'alcool, de chips, de sandwichs, de grillades... Et puis le camion enceinte et le petit bar qui croisent leur son et en sorte une musique originale. Des familles entières sont venues ; enfants, parents, grands-parents se fondent dans la foule au milieu des bières et des pétards !!!

Le concert se termine rapidement et un DJ prend sa place. Affreux !!! Il passe son temps à couper le son et parler ou crier ou tenter de chanter... Il aura ma peau ! Je rentre un peu déçu par cette soirée un peu solitaire ! J'espérais rencontrer la population locale mais je n'ai pu échanger des paroles qu'au moment de commander mes bières."

 

 

 

 

samedi 10 avril : petite journée tranquille au bord des cocotiers

Le snack de la plage ou se déroulait la fête nous sert de délicieuses ribs à l'américaine. Les lieux ont retrouvé leur sérénité. La plage est impeccable, tous les détritus de la soirée ont été brûlés dans un feu qui a clôturé l'événement.

En rentrant, on observe longuement le jeu des pélicans : long vol plané à l'affût d'un poisson, remontée dans les airs pour la prise d'élan et plongeon vers la proie, comme un kamikaze. Gros plouf dans l'eau, puis le pélican ressort la tête, appuie le bas du bec, souple, contre son long cou pour évacuer l'eau, avant d'avaler tout rond les poissons. Et c'est incroyable tout ce qu'il peut avaler !

 

 

 

 

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